Avis de la HAS sur l’homéopathie : reculer pour mieux sauter ?

Paris, le jeudi 6 décembre 2018 – Alors que dans le numéro de L'Express, paru hier, 130 scientifiques, membres des Académies de médecine, de pharmacie et des sciences, publient une tribune estimant que « la collectivité n'a pas à prendre en charge l'homéopathie », qui « n'a pas fait la preuve de son efficacité sur la base de démonstrations vérifiables et objectives », la HAS (Haute autorité de santé) a fait savoir qu’elle repoussait la publication de ses conclusions concernant l’opportunité de poursuivre le remboursement à 30 % des médicaments homéopathiques.

Rappelons que le ministère de la Santé a saisi la HAS fin août pour connaître son avis « quant au bien-fondé des conditions de prise en charge et du remboursement des médicaments homéopathiques », précisant attendre des conclusions « d'ici la fin du mois de février 2019 » et que le budget 2019 de la Sécurité sociale, adopté définitivement lundi par le Parlement, prévoit dans son article 42 que « les règles de prise en charge par l'assurance maladie des médicaments homéopathiques (...) sont définies par décret en Conseil d’État ». Ce décret, dont on ne sait pas encore quand il sera publié, précisera « notamment la procédure et les modalités d'évaluation ou de réévaluation de ces médicaments » par la HAS.

A contre-courant, la HAS a donc annoncé qu’elle faisait « au mieux pour aboutir au plus près du délai affiché dans la saisine de la ministre » mais a indiqué qu’il était illusoire de tabler sur un avis avant le printemps. L’institution a en effet fait valoir : « c'est un travail immense d'évaluer l'homéopathie et son maintien au remboursement (…). Le service d'évaluation des médicaments essaie de le faire avec la plus grande rigueur et une ouverture la plus grande possible, pour ne pas passer à côté d'éléments qu'on pourrait lui reprocher de ne pas prendre en compte ».

Pourtant, précédemment, la HAS ne s’était pas embarrassée de circonvolutions pour s’étonner, il y a quelques mois, « du maintien du taux de remboursement à 30% des médicaments homéopathiques (…) compte tenu du taux de remboursement à 30% voire 15% de médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité ». Faut-il vraiment croire que depuis cette observation des éléments significatifs ont pu faire évoluer ce diagnostic ?

F.H.

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Vos réactions (3)

  • Pas des médicaments

    Le 07 décembre 2018

    Le problème ne réside pas dans les poudres de perlimpinpin inoffensives mais provient des homéopathes qui ne savant plus rien et sont incapables de poser un diagnostic car ils n'interrogent pas leurs patients et ne s'abaissent jamais à les examiner.

    Dans mon service, j'ai eu deux morts hospitalisés en phase terminale. Réponse d'une homéopathe chevronnée : "Tout médecin a le droit à faire des erreurs", au point de les tuer !

    Les substances homéopathiques n'étant pas des médicaments doivent être mis en vente libre n'importe où avec la mention "ceci n'est pas un médicament reconnu par le Ministère de la Santé.

    Dr Guy Roche, Ancien interniste

  • Les homéopathes n'examinent pas ?

    Le 07 décembre 2018

    Quelle étude valide (donc chiffrée, randomisée etc) vous permet d'affirmer que "les homéopathes" n'examinent pas leurs patients?

    E Latour-de Mareuil, sage-femme homéopathe

  • Réponse au Dr Roche

    Le 08 décembre 2018

    Etes-vous certain que ce genre de drame n'a jamais eu lieu pour des patients suivis par des médecins non homéopathes ?

    Marie-Odile Marchal

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