BPCO : attention à la femme du cow-boy Marlboro

BPCO : un cow-boy peut cacher une cow-girl
Paris, le mardi 14 novembre 2017 - En France, la BPCO (Broncho pneumopathie chronique obstructive) concerne 6 à 8 % de la population adulte de plus de 40 ans, mais les clichés ont la vie dure.
Emilie Zard, chef de clinique à la faculté de médecine de Créteil, membre du groupe femme/santé respiratoire remarque que la BPCO demeure, y compris dans la représentation des médecins, une maladie d’homme, avec pour sujet à risque emblématique le « cow-boy de Marlboro ».

Cette image d’Epinal est contrariée par une explosion des cas de BPCO chez la femme ce qui conduit la Société de pneumologie de langue française, dans le cadre de la journée mondiale de la BPCO qui se tient le 15 novembre, à alerter soignants, autorités sanitaires et grand public sur ce « nouveau » problème de santé publique.

Une prévalence en explosion

La fréquence de la BPCO chez la femme rejoint ainsi, petit à petit, celle de l’homme et 40% des personnes souffrant de la BPCO sont désormais des patientes, soit une multiplication par 2 en 20 ans.
De plus, cette maladie, déjà sous-diagnostiquée de manière générale (2 personnes sur 3 ignorent qu’elles en sont atteintes) l’est encore plus pour les femmes chez lesquelles « les médecins pensent davantage à un asthme et moins à une BPCO » comme le souligne le docteur Emilie Zard.

Une pathologie plus grave chez la femme

Comme l’étude "clinique vitalité" l’a récemment révélé « les symptômes de la maladie sont toujours plus importants chez les femmes. On observe notamment une augmentation de la fréquence des exacerbations, des hospitalisations, de l’altération de la qualité de vie, de l’aggravation de la sensation de fatigue, et de la réduction de la tolérance à l’effort » résume ainsi le Docteur Maeva Zysman, pneumologue au CHU de Nancy.

Les messages à faire passer

Lutter contre la BPCO chez la femme est donc devenu un véritable enjeu de santé publique. « Pour faire évoluer le regard que l’on porte sur la maladie, améliorer le diagnostic précoce et permettre qu’elle soit enfin mieux prise en charge, il est essentiel de faire passer des messages de sensibilisation auprès des professionnels de santé ainsi qu’auprès du grand public » soulignent les auteurs du document de la Société de pneumologie de langue française.

Pour le Professeur Nicolas Roche, chef du service de pneumologie de l’hôpital Cochin, ce message pourrait se résumer ainsi : « ce n’est pas parce que quelqu’un qui a des symptômes respiratoires est une femme qu’il n’a pas de BPCO. C’est un message qui est important ! Une femme a au moins autant de risque à tabagisme égal de développer une BPCO. Une femme atteinte de BPCO risque d’en souffrir plus qu’un homme, au sens clinique du terme ».

Notons, enfin, qu’un livre blanc sur la BPCO, rédigé par les sociétés savantes de pneumologie, va être remis dans les prochains jours au ministre de la santé.

Frédéric Haroche

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