Bronchiolite : la saturation de certains services pédiatriques se profile déjà

Paris, le mercredi 20 octobre 2021 – Réunion de crises, évaluation des lits disponibles, sensibilisation des équipes au risque d’annulation des congés : dans certains services de pédiatrie, flotte une désagréable sensation de déjà-vu. Non pas seulement en écho à la situation rencontrée par de nombreux services de réanimation depuis mars 2020 en raison de l’épidémie de Covid, mais plus certainement encore avec celle rencontrée quasiment chaque année en lien avec l’épidémie de bronchiolite. Cependant, l’année passée a été marquée par une accalmie spectaculaire : confinement et mesures barrière ont en effet considérablement diminué l’incidence de la bronchiolite. Il n’y eut donc pas en 2020 de transferts en urgences de jeunes patients (comme ce fut le cas en Ile de France en 2019) ou de déprogrammations, comme c’est régulièrement nécessaire durant quelques jours dans certains établissements.

Dette immunitaire

Si la situation que connaissent aujourd’hui les services de pédiatrie d’Ile-de-France et du Grand-Est et dans une moindre mesure d’autres régions n’a rien d’inédit, le cru 2021 connaît cependant quelques particularités. D’abord la précocité de l’épidémie et son intensité quelques semaines à peine après l’apparition des premiers cas.

A Metz-Thionville, le chef du service de pédiatrie, Nicolas Billaud déplore ainsi que l’affluence soit observée alors même que n’a pas encore été lancée la traditionnelle campagne de sensibilisation dédiée aux enfants à risque de formes graves. Comme l’avaient supposé récemment Santé Publique France et le Conseil scientifique dédié à l’épidémie de Covid, la situation de « dette immunitaire » des nourrissons explique cette envolée précoce. En effet, les nourrissons de 18/24 mois peu exposés aux VRS l’année dernière n’ont pas pu développer d’immunité. Conséquence par ailleurs pour les moins de un an, une circulation plus intense pourrait conduire à un nombre de cas plus important. Le scénario semble clairement se confirmer. « La situation actuelle, c’est du jamais-vu. Les enfants de 12 à 18 mois ont très peu rencontré de virus jusque-là et risquent de tomber malades, tandis que les nourrissons nés cette année feront des formes plus sévères », résume le Pr Christèle Gras-Le Guen, présidente de la Société française de pédiatrie.

Des équipes à bout de souffle

Par ailleurs, l’organisation des services souffre également d’une situation particulière. En effet, un grand nombre connaît déjà des niveaux d’occupation importants, en raison de l’afflux de patients souffrant de troubles psychiatriques. En outre, le recrutement de personnels soignants est aujourd’hui bien plus complexe qu’il y a deux ans : la mobilisation dans les unités Covid et la fatigue d’un grand nombre de praticiens accroissent en effet les difficultés qui dans certains services étaient déjà récurrentes.

Des rappels indispensables

Dans ce contexte, les équipes médicales ne peuvent qu’appeler encore et toujours à la prévention. Elle passe notamment par le lavage des mains mais également par le port du masque par les parents quand ces derniers souffrent d’un rhume. L’expérience de l’année dernière semble en effet avoir mis en évidence que la transmission se fait majoritairement des adultes vers les enfants. Par ailleurs, la Société française de pédiatrie tient à rappeler aux familles que la bronchiolite est majoritairement bénigne et une prise en charge à domicile classique (avec ou sans kinésithérapie) est le plus souvent tout à fait suffisante. L’hospitalisation ne doit s’imposer que dans les formes graves.

Léa Crébat

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