Burn-out : la HAS sait-elle de quoi elle parle ?

Paris, le jeudi 1er juin 2017 – Le 22 mai dernier, pour la première fois, la Haute Autorité de Santé (HAS) évoquait dans un communiqué le « syndrome d’épuisement professionnel » ou burn-out.

Réagissant à la timide intrusion de cette pathologie dans le « dictionnaire » de la HAS, le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI, CFE-CGC), fait valoir que : « la HAS vient de sortir une analyse du burn-out remarquable par sa méconnaissance du problème ». Pour l’organisation, considérer que « le concept du burn-out aurait deux défauts principaux [pour la reconnaissance en maladie professionnelle NDLR] » d’être un syndrome, et « qu’il existe des facteurs personnels qui peuvent influer sur son apparition » est irrecevable. Elle rappelle en effet que « la première maladie professionnelle au tableau [des maladies professionnelles] est un syndrome : anémie, colique au plomb, pathologies neurologiques et maladies rénales » et que « les facteurs personnels existent pour un grand nombre de pathologies professionnelles » reconnues.

Le syndicat insiste enfin pour que le burn-out soit inscrit à ce tableau.

F.H.

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Vos réactions (4)

  • Burn out du SNPI

    Le 02 juin 2017

    Le SNPI confond syndrome qui rassemble plusieurs signes séméiologiques dont l'étiologie est inconnue,à ce jour, et le "burn out" qui est une forme d'un état anxio-depressif survenant chez des personnalités névrotiques mal structurées. Les conditions du travail n'étant au mieux qu'un des facteurs déclenchant.

    Il n'y a donc pas lieu de parler de maladie professionnelle.

    Dr Lucien Duclaud

  • Qu'est ce qu'un maladie professionnelle ?

    Le 02 juin 2017

    C'est une pathologie liée à l'exposition aux conditions de travail spécifiques d'une activité définie.
    Toute affection qui est aggravée par un stress professionnel ne sera pas pour autant une maladie professionnelle.
    Le "burn out" n'est spécifique d'aucun métier particulier - il n'est éventuellement spécifique que de certaines personnes. Ce ne peut pas être une maladie professionnelle - à moins que, par exemple, les céphalées n'en soient aussi une.
    Rappelons que le "burn out" peut être la conséquence d'un harcèlement - ce qui pose de tout autres problèmes que celui d'une maladie professionnelle.

    PR

  • Pandore

    Le 02 juin 2017

    Il est claie que l'ouverture de ce qu'on nomme burn out ou plutôt épuisement psychique à une situation stressante (travail ou autres situations variables intriquées)pour une reconnaissance en maladie professionnelle, conduira à l'ouverture d'une boite de Pandore.

    Dr Patrick Hassler

  • Le burn out et la maladie professionnelle indemnisable MPI

    Le 03 juin 2017

    Il me semblait pourtant bien que la raison d'etre des MPI etait d'eviter au malade d'avoir à faire la preuve d'un lien de causalité entre le travail et la pathologie à condition de remplir les conditions du tableau. Qu'il y ait ou non des facteurs prédisposant mal structurés, par exemple personnalité névrotique, chez l'individu ne presente aucun intérêt.
    Et d'ailleurs c'est par une constatation d'une augmentation de la fréquence d'une pathologie dans certaines conditions de travail par rapport à la population generale qu'on abouti à l'augmentation des MPI.

    Pour savoir si les suicides des soignants sont liés à une MPI, il faudrait donc voir si ceux ci sont plus frequents chez les soignants que dans la population generale...
    Je crois que ce serait vite fait ces temps ci !
    Reconnaître une MPI entraine que le cout induit par la maladie est assuré par l'employeur et pas par la collectivité des malades ; ça aide à "encourager" l'employeur à une prevention efficace (puisqu'elle entraine une baisse de ses cotisations accident de travail).
    Ensuite, on peut affiner les choses et ne pas attendre qu'ils se suicident en definissant des symptomes et des conditions de travail qui augmentent les risque de burn out dans un tableau crée pour les epuisemnts professionnels.

    Dr Chantal Knippel

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