Caen : une formation pour intégrer sans bizuter

Paris, le mercredi 27 décembre 2017 – Les traditions ont beau avoir la peau dure, les responsables de l'université de Caen Normandie ont décidé de tanner le cuir de l'une d'entre elles : le bizutage. Une volonté qui fait suite à l'annulation, le 23 octobre dernier, du week-end d'intégration des étudiants de seconde année de la faculté de médecine pour des faits de bizutage qui auraient été commis un an auparavant et pour lesquels le procureur de la République de Caen a ouvert une enquête après un signalement de deux syndicats.

Le rappel incessant à la loi qui établit que tout acte humiliant ou dégradant est passible de poursuites, la révision du règlement intérieur et la large diffusion de la circulaire ministérielle interdisant le bizutage n'ont semble-t-il pas été suffisants à faire disparaître de ce rituel des pratiques incompatibles avec le principe de respect de la dignité humaine. A la prévention succède donc la coercition puisque la décision a été prise par l'encadrement de l'université de contraindre les présidents d'organisations étudiantes à suivre une formation gratuite avant d'obtenir l'autorisation d'organiser des événements festifs.

Privilégier la bienveillance

Pour Marc Zabalia, vice-président du conseil d'administration de l'université dont les propos ont été rapportés par Le Monde, « la sensibilisation à l'alcool n'est, pour l'instant, pas suffisante. Et nous avons avons constaté qu'il fallait clairement définir ce qu'était le bizutage, et notamment la notion de consentement ». A partir du printemps prochain, avant les premières fêtes estudiantines célébrant la fin de l'année universitaire, seront donc mises en place deux journées de « questionnement et de mise en pratique » organisées par les centres d’entraînement aux méthodes d’éducation actives (Ceméa) de Caen.

D'après Etienne Samson, chargé de mission auprès des Ceméa, « les participants seront amenés à s'interroger sur les pratiques actuelles lors des soirées étudiantes » et « devront s'approprier le cadre juridique » pour « déterminer ce qui relève ou non du bizutage et enfin définir ce qu'est une intégration bienveillante ». L'objectif est bien entendu d'éviter que « certaines personnes ressortent abîmées de ce genre d'événement ». D'autres thématiques seront également abordées avec les présidents d'association dont l'utilisation des réseaux sociaux qui peuvent nuire durablement à une personne via la construction d'une « e-réputation » péjorative.

Benoît Thelliez

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