Cannabis : rupture de stocks au Canada !

Vancouver, le jeudi 6 décembre 2018 - Un peu plus d’un mois après la légalisation de la vente et de la possession de cannabis récréatif au Canada, de nombreux magasins sont en rupture de stock et ne peuvent satisfaire les demandes des consommateurs.

Le 17 octobre dernier, le Canada est devenu le deuxième pays au monde à légaliser la vente, la détention et la consommation de cannabis récréatif. La loi prévoit que chaque province organise comme elle le souhaite la vente de cannabis, mais certaines d’entre elles ne semblent pas avoir pris la mesure de cet évènement historique. En effet, on observe dans de nombreuses régions du Canada une rupture de stock de cannabis dans les magasins officiels et sur les sites de ventes en ligne. Au Québec, où la vente de cannabis est un monopole de la toute nouvelle Société québécoise du cannabis (SQDC), les magasins ne sont ouverts que quatre jours par semaine et quelques heures par jour en raison de cette situation.

La peur de manquer

La raison de cette pénurie est simple : la demande est plus importante que prévue (les Canadiens seraient les plus grands consommateurs de cannabis au monde) et la demande trop faible. Au Québec, il n’existe ainsi que douze magasins officiels et six producteurs agréés. Des producteurs d’autant plus dépassés qu’ils étaient jusque-là habitués à fournir du cannabis médical et qu’ils ont dû rapidement s’adapter. L’économiste Bruno Larue évoque également un phénomène psychologique : la crainte de pénurie et la queue devant les magasins poussent les consommateurs à acheter plus de cannabis quand ils parviennent à s’en procurer.

Le marché noir encore florissant

Principale conséquence néfaste de cette pénurie, de nombreux consommateurs s’orientent vers le marché noir, encore florissant. L’éradication de la criminalité liée au cannabis était pourtant le principal argument du Premier Ministre Justin Trudeau au moment de faire passer cette réforme importante. Le gouvernement, prévoyant, a d’ailleurs rappelé qu’il estimait que le marché légal ne constituerait au mieux que 25% du marché du cannabis d’ici la fin de l’année et qu’il faudrait attendre quatre ans pour éradiquer le marché noir. « Pendant près d’un siècle, les groupes criminels contrôlaient entièrement le marché. Ils ne vont pas disparaitre tranquillement du jour au lendemain » a reconnu le ministre de la Justice du Canada.

Quentin Haroche

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