Charte pour l’accès aux soins : qu’en pensent les infirmiers libéraux ?

Paris, le mardi 13 février 2018 – Le 6 février dernier, les représentants d’une trentaine de syndicats de professionnels de santé, des pouvoirs publics, d’élus locaux et de patients ont ratifié la "Charte pour la mise en œuvre du plan de renforcement de l'accès territorial aux soins". 

Parmi ces signataires figurent les trois syndicats d’infirmiers libéraux représentatifs de la profession (Convergence infirmière, CI, la Fédération nationale des infirmiers, FNI, et le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux, SNIL).

Le SNIL a indiqué voir dans ce texte la volonté d'ouvrir de nouvelles perspectives aux différents modes d'exercice libéral et a pu se féliciter de l’esprit d’ouverture, notamment en matière d'organisation "innovante" des professionnels.

Le syndicat Convergence Infirmière, quant à lui, s’il salue « le changement de paradigme » fait néanmoins part de sa vigilance et se montre particulièrement réservé quant aux modalités de la mise en place de coopérations interprofessionnelles.

Enfin, la FNI longtemps réticente à l’idée d’entériner cet accord, si elle approuve l’abandon par  le gouvernement du transfert de tâches au profit de la notion de partage des compétences, elle demeure sur ses gardes et promet de veiller « à ce que cette avancée se concrétise dans l’exercice coordonné et les coopérations interprofessionnelles » comme le rapportent nos confrères d’Infirmière Magazine.

On pourra donc résumer l’état d’esprit général par la conclusion du communiqué de Convergence infirmière : « notre mot d’ordre est clair : méfiance… »

F.H.

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Vos réactions (4)

  • Chat échaudé...

    Le 14 février 2018

    Normal après des décennies de promenades en bateau, chat échaudé craint l'eau froide. Comme Saint Thomas, on ne croit maintenant que ce que l'on voit. Tout est toujours trèèès looong, à la traîne pour les infirmiers français.

    L'universitarisation du diplôme a été menée à la hâte en 2009 avec seulement deux mois pour préparer un changement total de paradigme dans les écoles, parce que le Conseil de l'Europe menaçait. Cela aurait du être fait en 1992 et non en 2009 ! Et tout ça pour obtenir une équivalence Licence non reconnue par certaines facs ?! Merci pour vos miettes.

    Nous avons perdu à cette occasion 6 précieux mois de temps de formation, la psychiatrie et les spécificités enfants et la gériatrie... alors que nous nous attendions au contraire à ce qu'on rallonge nos études de même temps pour pouvoir bénéficier d'un apport supplémentaire afin de prendre en compte les nouvelles techniques infirmières et les missions que l'on ne cesse de nous rajouter.

    Nous sommes polyvalentes à la sortie de l'IFSI. Mais dans le monde médical où règnent les spécialités de spécialités de spécialités..., nous restons pour vous des OVNI. Enfin, Non identifié : c'est sûr ; volant...

    ll n'existe toujours pas de doctorat infirmier français ! Faute à qui ? On voulait intégrer les facs de sciences humaines avec notre formation ergologique, il existe des docteurs en sociologie chez les infirmiers, le saviez-vous ? Leurs portes nous sont grandes ouvertes... Il nous a été imposé la fac de médecine pour éviter que des ailes nous poussent... Garder ses ennemis près de soi pour pouvoir mieux les contrôler...

    Méfiance, oui, incrédule à l'appel des sirènes... pour nous, ce sont des sirènes d'ambulance pour mieux enterrer ensuite notre profession, c'est ce qui nous est le plus souvent proposé. L'histoire est têtue dans les faits... et elle a tendance à se répéter, surtout en France. La profession infirmière = variable ajustable de la profession médicale. Quelle chance ! Mais on en a cure !

    Chers médecins, ne vous étonnez pas de la froideur des IDE quelques fois sur votre situation, vous nous avez tellement repoussés du pied par le passé, suffisamment tapé sur la tête pour que l'on ne dépasse pas... la peur n'évite pas le danger. Nous avons appris à combattre l'adversité. Merci pour cette leçon de vie, ça manque dans notre formation.

    C. D. IDE par choix et en colère, lasse des guéguerres stériles entre professions et de la morgue de certains médecins.

  • Prudence

    Le 18 février 2018

    Prudence quant à la notion de polyvalence des infirmières au sortir des Ifsi quand on voit des jeunes professionnelles qui ne maîtrisent pas la pose d'une perfusion ou autres actes techniques basiques ainsi que le calcul d'une Règle de trois, il faut quand même faire preuve d'un peu de retenue, surtout depuis la dernière réforme des études où la profession a trop mis l'accent sur la reconnaissance du diplôme (Licence) et un peu moins centrée sur l'acquisition des compétences professionnelles et leur contrôle pour y parvenir.

    Jean Messager

  • Le nouveau diplôme est quelque peu déconnecté de la réalité

    Le 19 février 2018

    Vous avez tout à fait raison mais à qui la faute? Lorsque la Région qui finance les études dit ne pas comprendre que la totalité de la promotion entrante ne finissent pas la scolarité diplôme en poche, au bout des 3 années universitaires d'études ? Et dans le même temps regarde les dépenses budgétaires des formateurs qui pourraient accompagner les étudiants en difficultés comme dans l'ancien programme. Quand elle cherche à économiser sur les intervenants hors formateurs, disant que la visioconférence universitaire est une égalité des chances au lieu de plébisciter le professionnel qui rend compte de son vécu dans le service où il exerce... Parce que ça a un coût.
    Quand on entend dire que la règle de 3 est rétrograde puisque les tableaux de calculs de dose ou de débit sont affichés dans le local de préparation infirmière, que la calculatrice n'a pas été inventée pour les ânes et que toutes les IDE en une en poche, enfin, que les antibiotiques sont là pour pallier au manque d’asepsie dans certains soins finalement banalisés par leur occurrence (la perfusion pour ne citer qu'elle)... Vous passez dès lors pour une professionnelle qui n'est plus à la page (pour rester courtois).

    Un changement de paradigme pédagogique mené au pas de course sans avoir formé ni les formateurs ni les professionnels du terrain sur qui se déchargeait un bonne partie de l'acquisition du programme. Les mises en situation professionnelles si elles étaient discutables sur certains points dans leur modalité d'évaluation, elles avaient ceci de bon : elles participaient à questionner les pratiques du lieu de stage et la mise à jour de certaines connaissances que les professionnels, le nez dans le guidon, n'ont plus le temps d'aller chercher. Certains étudiants étaient arrêtés au moins à ce moment-là, même si cela questionnait son évaluation au long-cours. Le nouveau programme comme l'ancien reste de toute façon un diplôme d'école.

    Je ne suis pas réac, et le programme de formation de 1992 avait vraiment besoin d'un coup de toilettage tant dans le fond que dans la forme. Mais le bilan est, et je vous l'accorde, assez pessimiste. De l'avis même des nouveaux diplômés qui arpentent les rayons d'édition professionnelle dans l'espoir de trouver les bouquins de l'ancien ancien programme qui regroupaient les pathologies par organe. Parce que les services continuent d'être organisés ainsi.
    Le nouveau diplôme est quelque peu déconnecté de la réalité. Trop... universitaire.
    Le savoir-être a failli ne pas voir le jour dans les compétences des infirmiers...

    Charlaine Durand

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