Contraventionnalisation de l’usage du cannabis : ouverture de Marisol Touraine

Paris, le mercredi 12 octobre 2016 - Marisol Touraine n’est peut-être pas le ministre du gouvernement à avoir le plus évoqué le cannabis au cours des quatre dernières années. Ou tout au moins la question de la dépénalisation de l’usage de cette substance. Parallèlement, les interpellations, au sein du gouvernement, ont été nombreuses sur ce thème. Face à ces débats récurrents, le ministre de la Santé s’est montré discret. Elle n’a cependant pas caché sa réticence à l’idée d’une évolution du cadre juridique actuel, notant ainsi lors de l’examen du projet de loi de santé à l’automne 2015 qu’elle estimerait être un signal contre-productif la transformation de la peine de prison (théorique) actuelle en amende.

La position du ministre de la Santé paraît cependant avoir évolué. Interrogée par Libération sur la lutte contre les addictions (au lendemain de l’ouverture d’une première salle d’injection à moindre risque à Paris), elle estime en effet qu’un débat devrait s’imposer sur les sanctions aujourd’hui (plus ou moins) appliquées pour réprimer la possession et la consommation de cannabis. A l’instar de la très grande majorité des observateurs, Marisol Touraine dresse en effet le constat de l’échec de la législation en vigueur. Une situation qui impose pour le ministre de la Santé l’ouverture d’une réelle réflexion.

Sur la même ligne que Nathalie Kosciusko-Morizet

Cependant, l’idée d’une dépénalisation est totalement écartée par Marisol Touraine. L’enjeu de santé publique que représente le cannabis ne peut en effet permettre un tel changement juge le ministre qui appelle à ne pas considérer la marijuana comme une substance sans risque. Elle relève en outre qu’existerait une forme d’incohérence à s’attaquer aux méfaits du tabac et de l’alcool et de libéraliser l’usage du cannabis.

Beaucoup verront cette déclaration comme la plus marquante du ministre de la Santé concernant le cannabis, même si MarisolTouraine, dans ce domaine comme dans les autres, n’hésite pas à défendre son bilan.

Le renforcement des Consultations jeunes consommateurs est notamment mis en avant parmi les actions phares déployées par les pouvoirs publics contre le cannabis.

Bien que la moitié des Français (52 %) souhaiterait voir ce sujet abordé durant la campagne présidentielle, Marisol Touraine estime qu'elle n'est peut-être pas la période idéale pour aborder une question aussi sensible. Ce n'est apparemment pas la position de Nathalie Kosciusko-Morizet qui s'est également exprimée sur le sujet et qui défend une approche semblable à celle du ministre de la santé : la redéfinition des sanctions actuelles, le renforcement des actions de prévention, mais pas de légalisation.

Léa Crébat

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