Convention : le Syndicat des médecins libéraux rejoint les signataires

Paris, le lundi 8 janvier 2018 – En août 2016, deux fronts se dessinaient dans le paysage syndical des médecins libéraux. D’une part, MG France, la Fédération des médecins de France (FMF) et le Bloc (qui représente les spécialités techniques) acceptaient de signer la nouvelle convention médicale discutée depuis plusieurs mois, créant de nombreuses nouvelles consultations et entérinant l’augmentation du C. De l’autre, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et le Syndicat des médecins libéraux (SML) décidaient de demeurer en retrait, échaudés par des revalorisations concernant les spécialistes inférieures à leurs attentes et par un traitement toujours plus rigide réservé aux médecins de secteur 2. Surtout, le refus de signer des deux syndicats était destiné à manifester l’irréparable scission entre eux et le gouvernement, après les affres de la loi de santé.

Le changement, c’est maintenant !

Mais au printemps 2017, les cartes ont été modifiées. Le changement de gouvernement et l’arrivée au ministère de la Santé d’Agnès Buzyn a considérablement apaisé les tensions. Tous ou presque ont vu dans la nouvelle locataire de l’avenue de Ségur une personnalité à l’écoute et connaissant mieux la difficulté de l’exercice médical, à l’hôpital mais aussi en ville. Par ailleurs, l’année a été jalonnée par l’entrée en vigueur des revalorisations décidées en 2016, concrétisant la reconnaissance accrue offerte à la complexité de certains actes médicaux. Aussi, la position des syndicats contestataires s’est assouplie. Au SML, notamment, une révolution couvait. Le changement de direction a également contribué à cette modification de perception. Elu en décembre 2016, Philippe Vermesch milite ainsi depuis le début de l’été pour que le SML rejoigne la convention. De nombreuses réunions ont été conduites, durant lesquelles Philippe Vermesch a usé de tous ses arguments pour convaincre du bien-fondé d’une signature. Ces efforts ont abouti ce 6 janvier lors de l’Assemblée générale à l’adoption d’une mention entérinant l’adhésion du SML à la convention. Sans doute, l’adoption au cours de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale d’un amendement semblant enterrer (au moins temporairement) le tiers payant généralisé a permis de faire tomber les dernières résistances.

Rester dans la marche

Dans un communiqué, le syndicat qui a recueilli le plus faible pourcentage de voix lors des dernières élections professionnelles, insiste sur le fait que ce geste ne signifie nullement qu’il renie les critiques qu’il a pu formuler ces dernières semaines contre certaines mesures du gouvernement ou de l’Assurance maladie. Néanmoins, le SML considère que nombreux gestes positifs doivent être salués, par exemple vis-à-vis de la vaccination ou des déserts médicaux. Par ailleurs, il salue le retour d’un véritable dialogue avec les pouvoirs publics. Enfin, le syndicat considère que la signature de la convention lui offrira un plus grand pouvoir, argument qui avait également été mis en avant par la FMF au moment de choisir de rejoindre la convention en août 2016, décision qui avait été très discutée et qui avait beaucoup surpris.

Vers un dégagisme médical ?

Ainsi, la Confédération des syndicats des médecins libéraux (CSMF) est aujourd’hui le seul syndicat représentatif qui demeure en dehors de la convention. L’organisation, qui a également récemment changé de direction, conservera-t-elle cette position singulière, qui lui permet d’être identifié comme le porte-parole de la contestation par les médecins ? Le syndicat qui a été celui qui a accueilli le plus froidement l’arrivée d’Agnès Buzyn, marque cependant quelques signes de dégel, notamment grâce à la fin de l’ambiguïté autour du tiers payant généralisé. Dans l’ombre, l’Union française pour une médecine libre (UFML), dernier né dans le microcosme syndical des médecins libéraux, observe ces ralliements avec ironie. Son président, Jérôme Marty, parle sur le blog du syndicat d’un non évènement et affirme que le SML et la CSMF connaissent ces derniers mois un départ massif de leurs adhérents. « La réalité est un effondrement du modèle syndical comme il y a un effondrement des partis politiques. Ils n’ont pas su anticiper, ils n’ont jamais su s’opposer pas plus qu’ils n’ont su construire la médecine du XXIe siècle » critique avec sévérité Jérôme Marty qui poursuit « Ils vont tous signer pour jouer dans le bac à sable, le tout petit bac à sable que le ministère va leur allouer, ils vont signer alors que les tribunaux d’exception sont en place, jugeant les consoeurs et confrères, alors que Mr Revel et ses directeurs de CPAM définissent la faute, jugent et pénalisent les consoeurs et confrères, se riant des positions consultatives des syndicats signataires. Et, par-dessus tout, ils vont prendre l’enveloppe liée à la signature, entre 400 000 et 1 million d’euros par an pendant toute la durée de la convention » ironise-t-il encore.

Rendez-vous lors des prochaines élections professionnelles pour mesurer la pertinence de cette analyse dans les urnes.

Aurélie Haroche

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