Des cas de microcéphalie réinterrogent sur le virus Zika

Paris, le vendredi 11 décembre 2015 - Effet conjoint du réchauffement climatique et de la mondialisation, l’augmentation de la fréquence des maladies vectorielles (surtout dues aux piqûres de moustiques) et leur arrivée dans nos contrées ont de quoi préoccuper.
Parmi les dernières en date, l’infection par le virus Zika, pourtant découverte dans les années cinquante en Afrique (Zika est une forêt Ougandaise). On ne lui imputait que quelques épidémies dans ce même continent et en Asie, puis en Micronésie en 2007. Mais fin octobre 2013 est survenu dans la zone pacifique la plus grande épidémie de Zika connue jusqu’alors. Les cas sporadiques y persistent encore.

Deux ans après son cousin le Chikungunya, le virus Zika est en train de conquérir l’Amérique, qu’il avait abordée via l’Ile de Pâques : des cas ont été confirmés à ce jour au Guatemala, Mexique, Salvador, Colombie, Venezuela, Chili, Paraguay, Suriname et depuis avril 2015 une épidémie très importante se poursuit au Brésil.

Liquide amniotique positif

On connait bien mieux la virose Zika « grâce » au gros échantillon représenté par la population touchée récemment en Polynésie française. Outre les signes les plus fréquents (éruption cutanée, fatigue, fièvre modérée, arthralgies, rougeurs oculaires), on avait identifié formes graves et complications, surtout neurologiques et auto-immunes, notamment le syndrome de Guillain-Barré. Les cas peu ou pas symptomatiques ont été estimé entre deux tiers et 80%. Rien d’autre d’avait été signalé.

Pourtant le Brésil, constatant une hausse des cas de micocéphalie chez les nouveaux-nés dans le nord-est du pays (9 des 15 états où le virus circule, ainsi d’ailleurs que celui de la dengue), s’inquiète d’un éventuel lien épidémiologique. Certaines des mères concernées ont présenté un rash pendant la grossesse et -grande première- du génome viral a été retrouvé dans le liquide amniotique de deux femmes portant des fœtus microcéphales. Une infection durant le premier trimestre de la grossesse est un des facteurs connus de la microcéphalie : la coïncidence épidémiologique est troublante.

Alerte épidémiologique

Et voici que le même mois de novembre, la Polynésie française a notifié à l’OMS une augmentation inhabituelle du nombre de malformations du système nerveux central chez des nouveaux nés et fœtus, ce qui coïncide avec les épidémies de Zika (et de dengue) sur l’archipel. Parmi ces malformations, des microcéphalies. Aucune des 17 mères n’avait décrit de signes cliniques de Zika pendant leur grossesse mais l’infection asymptomatique est évoquée pour quatre d’entre elles.

De nouvelles études et des expertises devrait permettre d’éclaircir les choses, mais déjà, ce 1er décembre, l’OMS panaméricaine lançait une alerte épidémiologique et précisait ses recommandations : à la surveillance des syndromes neurologiques et auto-immuns associés à l’infection, se rajoute désormais celle des anomalies congénitales.

Rappelons que ce flavivirus (comme ceux de la dengue et de la fièvre jaune), a pour vecteurs les trop célèbres moustiques du genre Aedes, dont le genre tigré (albopictus) s’étend dans l’hexagone.

Dr Blandine Esquerre

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