Des informations non sans intérêts sur Brigitte Dormont

Paris, le samedi 13 juin 2015 – Depuis la fin avril, le nom de Brigitte Dormont, professeur d’économie à l’université Paris Dauphine et directrice de la Chaire Santé de la Fondation du Risque n’est plus inconnu pour un grand nombre de médecins libéraux. Il faut dire que cette économiste, réputée proche du parti socialiste, s’est illustrée le 19 avril dernier en déclarant tout de go sur France Culture où elle était l’invitée de l’émission L’économie en question : « La généralisation du tiers payant (…) est une mesure qui est extrêmement structurante (…). C’est d’une certaine manière la mort annoncée du système libéral qui est une bonne chose car la médecine libérale est complètement incompatible avec un système d’assurance maladie comme le nôtre (…). L’assureur paye directement le médecin et ca ça change tout, et ca rend les médecins effectivement dépendant du financeur (…). Si donc l’assurance maladie veut faire pression sur les médecins elle a les moyens financiers pour faire pression sur les médecins » avait-elle notamment déclaré. Débusquées par le syndicat le Bloc, ces affirmations avaient immédiatement été érigées par les opposants à la loi de santé et au tiers payant comme la confirmation du bien fondé des craintes des médecins, qui n’ont eu de cesse de rappeler que leur hostilité à cette mesure n’avait pas uniquement des fondements techniques mais se fondait également sur le risque de voire la médecine libérale disparaître et être inféodée aux assureurs publics et privés.

Des liens assurés entre instituts de recherche universitaires et mutuelles

L’utilisation des déclarations de Brigitte Dormont comme la manifestation des intentions réelles des pouvoirs publics a donné lieu de la part de certains médecins à une véritable enquête sur l’économiste. Des représentants de la Fédération des médecins de France (UFML), de l’Union française pour une médecine libre (UFML) et quelques praticiens blogueurs, dont Christian Lehmann se sont ainsi intéressés aux liens d’intérêt entre Brigitte Dormont et les mutuelles. Leurs découvertes ont été édifiantes. Sur le blog de Christian Lehmann, En attendant H5N1, le responsable de ce site et trois autres médecins généralistes (Jacques Marlein, Yvon le Flohic et Charles Cousina) détaillent : « Le site de l'Institut Montparnasse nous apprend qu'un programme de recherche a été mis en place par cet institut, avec la MGEN et l'ISTYA (mutualistes), il s’agit d’un "programme d’études soumis aux partenaires universitaires. Sont privilégiés des angles d’étude délaissés voire totalement ignorés par les recherches et publications auxquelles se réfère le débat public."Il est ici indiqué que le programme de recherche est élaboré par les assureurs, et ensuite soumis à des laboratoires de recherche. Et que ces recherches privilégient des approches et des thèmes choisis par les assureurs. Deux structures imbriquées qui acceptent de travailler dans ces conditions ont retenu notre attention (…) : la Fondation du risque de l'Institut Louis Bachelier et la Chaire Santé Paris Dauphine. La Fondation du risque, a été créée par un banquier, André Lévy Lang, et regroupe assureurs privés et ex-mutualistes autour d'une structure de recherche ; le conseil de surveillance intègre aussi bien Axa (Allianz), que Groupama ou SCOR (dont le dirigeant actuel est Denis Kessler, ex dirigeant du MEDEF, d'AXA et de la FFSA ; Guillaume Sarkozy y représente Malakoff Médéric). La seconde structure qui a attiré notre intérêt, c’est la chaire santé Paris Dauphine. Créée par l’économiste Claude Le Pen en 2007 avec un partenariat d'Axa (Allianz) assurant un financement de 300 000 € pendant 5 ans, elle fait partie de cette Fondation du risque. L’économiste Brigitte Dormont a succédé à Claude Le Pen en 2009, avec initialement ce financement Axa, puis en 2012 un financement MGEN, probablement du même niveau. Les objectifs de cette chaire sont la recherche mais aussi "améliorer la qualité du débat public sur les questions d'efficience et de régulation" » relèvent les auteurs. Forts de cette découverte, les blogueurs ont recherché la déclaration de liens d’intérêt de Brigitte Dormont qui aujourd’hui dirige la Chaire santé Paris Dauphine : « La déclaration d'intérêts de Brigitte Dormont au Conseil d'Analyse Economique indique, malgré ce que nous venons d'observer, une absence totale de liens d'intérêts, qu'ils soient politiques ou financiers. Cette déclaration ne semble pas suivre les normes légales définies par l' Article R1451-2 du code de santé publique, cette déclaration devant inclure "Les travaux scientifiques et études pour des organismes publics ou privés" » dénoncent Christian Lehmann et ses confrères.

Les mutuelles ne font pas d’économie quand il s’agit de soutenir des spécialistes

Brigitte Dormont cependant n’est pas la seule économiste présentant des liens d’intérêt certains avec les mutuelles et assureurs privés. Les blogueurs citent également le cas de Jean-Michel Laxalt, dirigeant de l’Institut Montparnasse, auteur après l’adoption du projet de loi de Santé à l’Assemblée nationale d’un « éditorial férocement à charge » contre les médecins… et fervents défenseur des mutuelles (ce qui est peu étonnant quand on sait que l’Institut Montparnasse a été créé et financé par la Mutuelle générale de l’éducation nationale !). Plus largement, le blog En attendant H5N1 constate que « Beaucoup de structures, think tanks, associations, sont subventionnés plus ou moins discrètement par des organismes qui ont un intérêt financier direct dans la façon dont seront orientées les études ».

Les médecins généralistes, ces profiteurs

Interrogée par le Quotidien du Médecin sur ces liens d’intérêt, Brigitte Dormont assure que les financeurs de la chaire Paris Dauphine « ne disposent d’aucun droit de regard sur les travaux effectués » ou encore qu’elle tient « profondément » à son « indépendance professionnelle ». Il faut donc croire que c’est « gratuitement » que Brigitte Dormont se montre aussi farouchement favorable au tiers payant dont elle ne nie pas qu’il mettra les médecins sous la coupe réglée des assureurs et d’une manière générale aussi méprisante vis-à-vis des médecins. C’est l’autre enseignement du blog En attendant H5N1 cette semaine. Dans un post intitulée Mort planifiée de la médecine libérale : à qui profite le crime, certains faits d’arme de Brigitte Dormont sont en effet épinglés. On y découvre, édifiés, les titres de certaines de ces études avec comme point d’orgue le chef d’œuvre : « Est-il profitable d’être médecin généraliste ». Dans ces travaux et dans d’autres, l’économiste ne « masque pas le mépris dans lequel elle tient les médecins. Le portrait qu’elle dessine en creux du corps médical a le mérite de la simplicité : on devient médecin par intérêt. Par pur intérêt financier. Et une fois médecin, on s’arrange pour maximiser les profits, engranger le plus d’argent possible, en induisant une demande chez des patients captifs (c’est le syndrome du docteur Knock) et en écourtant les consultations pour faire du chiffre. Toute motivation altruiste est écartée, le médecin est ramené à une simple machine économique vouée à faire du fric. A noter que ce concept de la demande induite, battu en brèche par de nombreux articles, est à l’origine de la pénurie médicale actuelle. De puissants économistes de la santé, dont Brigitte Dormont, ont considéré depuis des décennies les médecins comme des agents pathogènes, dont la libération au sein de la collectivité entraînait immanquablement un flot de dépenses induites : restreindre le nombre de médecins en exercice afin de restreindre les soins et donc les maladies, a été le fil d’or de la politique de santé suivie ces trente dernières années, avec le succès que l’ont voit actuellement : une population de médecins vieillissante, une désertification accélérée qui touche jusqu’au cœur des grandes villes » constatent Christian Lehmann et ses confrères.

Outre la philosophie générale des travaux de Brigitte Dormont, les auteurs en fustigent également les insuffisances et les raccourcis. Ils notent par exemple que la présidente de la chaire Paris Dauphine fait l’économie d’une réflexion sur « les avantages et les inconvénients du métier de généraliste libéral » à l’heure de s’intéresser à la comparaison entre leurs revenus et ceux des cadres supérieurs. Ils fustigent par ailleurs sa mauvaise foi, quand constatant que l’amplitude horaire d’un médecin généraliste est supérieure à celle d’un cadre (ce qui explique en grande partie les différences de revenus), elle relève : « On sait par exemple que les médecins libéraux intègrent dans leur durée du travail le temps passé à la lecture d’articles médicaux pour actualiser leurs connaissances (2h30), les consultations gratuites, etc. Les cadres interrogés dans l’enquête emploi ont-ils la même conception des activités qui doivent être inclues dans le périmètre de leur temps de travail ? Le silence qui suit une assertion fallacieuse de Brigitte Dormont, c’est encore du Brigitte Dormont. (…) On atteint au sublime lorsqu’elle se demande fielleusement si les cadres comptabilisent dans leur temps de travail… leurs consultations gratuites. Outre l’image du médecin qu’elle dresse, parasite social capable de mentir jusque sur l’amplitude de son temps de travail, ou de comptabiliser dans celui-ci des actes… purement altruistes, son absolue méconnaissance du vécu de la médecine générale au contact d’une population réelle laisse pantois » déplorent les auteurs d’En attendant H5N1. Ces derniers dénoncent enfin d’une manière générale son manque d’honnêteté scientifique dans l’absence de considérations de diverses données factuelles.

Brigitte Dormont fait des émules

Pour sa défense, Brigitte Dormont ne paraît pas la seule à user de cette méthodologie scientifique particulière. Christian Lehmann et ses confrères décryptent de la même façon les conclusions détonantes d’une étude menée par Anne-Laure Samson, cosignataire de l’article sur les revenus des généralistes qui s’est intéressée aux Médecins généralistes à faibles revenus en se demandant clairement s’il ne faut pas y voir une « préférence pour le loisir » ! Dans cette prose édifiante, Anne-Laure Samson admettra que lui manque une donnée essentielle pour apprécier la véracité de son hypothèse : des informations sur le statut familial de ces médecins à faible revenus. Mais qu’importe, elle ne nuancera pas pour autant la portée de ces conclusions.

Passionaria malgré elle de la lutte des médecins

Pour Christian Lehmann, ces inexactitudes, ces partis pris, ces conflits d’intérêt sont d’autant plus dommageables que les thèses de ces économistes sont utilisées par les pouvoirs publics (gauche et droite confondus) pour cautionner leurs actions dont l’objectif apparaît être la disparition de la médecine libérale et la consécration des assurances privées. Le responsable du blog En attendant H5N1 est loin d’être le seul à partager cette préoccupation, tandis que beaucoup nourrissent également l’idée que Brigitte Dormont a été la révélatrice des véritables intentions du gouvernement. Un économiste spécialiste de la santé, Frédéric Bizard, en est lui aussi convaincu. Dans une note récemment postée sur son blog, commentant les propos de sa collègue de Paris Dauphine prononcés sur France Culture, il note : « Les propos précisés nous confirment bien que la loi santé n’a rien d’une loi de modernisation de notre système de santé et tout d’une loi de destruction de ce dernier pour le remplacer par un autre modèle ». Pour expliquer cette volonté farouche, Frédéric Bizard estime qu’il faut décrypter la position de « l’élite revancharde » française qui tient un « raisonnement (…) simple, le marché et les acteurs privés qui le composent ne peuvent pas produire de valeurs sociales positives, seul l’Etat et son administration sont en mesure de le faire ». Pourtant, Frédéric Bizard le démontre rapidement, chiffres à l’appui : « La médecine libérale est bien compatible avec notre système solidaire (…). La médecine libérale française a produit la médecine de ville la plus coût-efficace au monde » martèle-t-il. Une démonstration dont on sait cependant qu’elle ne peut être entendue par les responsables publics : « Mais aller dire à cette élite que la médecine libérale est aussi sociale, que l’initiative privée est compatible avec un système solidaire s’il est correctement régulé, c’est comme tenter de convaincre un dictateur patenté des bienfaits de la démocratie ». Tant Frédéric Bizard que Christian Lehmann mettent donc en garde contre la loi de Santé. Dans cette lutte, les propos de Brigitte Dormont et l’ensemble de son œuvre ont semblé sonner comme une piqûre de réveil essentielle. Pas sûr qu’elle l’ait voulu ainsi.

Si vous voulez découvrir in extenso les analyses de Christian Lehmann et de ses confères ainsi que celles de Frédéric Bizard, rendez-vous ici :
http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/
http://www.fredericbizard.com/

Aurélie Haroche

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Vos réactions (16)

  • Liens d'intéret sans rémunérations

    Le 13 juin 2015

    Ceux qui ont des liens d'intérêt prétendent souvent ne pas en avoir au pretexte qu'ils ne perçoivent pas de rémunérations ni d'avantages des protecteurs dont ils sont les obligés, ici les assureurs et les mutuelles. C'est mal connaître le fonctionnement du cerveau : un cerveau obligé n'est plus un cerveau libre, inconsciemment.
    Dr A. Fourmaintraux

  • La démocratie est bien morte

    Le 13 juin 2015

    Ca alors ! Les organisations de médecins libéraux vont donc attaquer Brigitte Dormont en justice ? Communiquer avec la presse pour faire connaître ce scandale ? Immédiatement ?
    J'ai écrit ces jours derniers sur d'autres sujets de société dans le courrier des lecteurs du Point qu'à mon avis la démocratie etait morte en France, j'avais bien raison, quel constat glaçant. Rentrons donc en résistance, il n'y a pas d'alternative.
    Marie-France Hugot, Kinésithérapeute - enragée et engagée

  • Je ne vois pas le rapport avec le tiers payant

    Le 13 juin 2015

    Quoi qu'il en soit les médecins sont bien rémunérés à au moins 75% par les caisses plus les mutuelles et si le tiers payant devient total il seront "salariés". Après je ne pense pas que ce soit un progrès pour le corps médical. Quant au conflit d'intérêt ou non je ne vois pas le rapport avec le tiers payant si ce n'est de faire de la polémique.

    Dr Jean-Pierre Lamagnere

  • La médecine libérale va disparaître...

    Le 13 juin 2015

    ... nous le savons tous, ce n'est pas grave. Rappelez moi l'âge moyen des libéraux 55/58ans dans 10 ans il n'y en aura plus.
    Il ne restera que des salariés et donc des délais élargis. Finalement tout ceci arrangera les caisses de retraite. Espérons que les hommes politiques et les économistes ne bénéficieront pas plus de passe droit que la moyenne de la population. Sinon ce sera la démonstration que la démocratie n'existe déjà plus.

    Dr Bernard Lefebvre

  • Deux choses non mesurables

    Le 13 juin 2015

    Cette dame est sans doute une personne intelligente qui n'a pas pu faire des études de médecine aussi brûle t-elle ce qu'elle souhaitait. Elle réfléchit trop et de travers mais elle oublie que, d'après la sagesse populaire, il y a 2 choses non mesurables, l'infini et la co-----e humaine. Malheureusement nous allons tous en pâtir de ce type de réflexion non objective qui oublie le principal intéressé à savoir le malade qui souhaite avant tout être bien soigné et rapidement.

    Alain Carsin, pharmacien à la retraite

  • A mes confrères Lamagnere et Lefebvre

    Le 13 juin 2015

    Le premier ayant oublié qu'il est rémunéré par son patient qui lui, se fait rembourser par les caisses, et que c'est cette absence de lien de subordination que nous voulons maintenir ; et le deuxième ayant déjà jeté l'éponge.
    Cette après-midi à Cochin, dans l'amphithéâtre Luton plein à craquer, heureusement que nous ne vous ressemblions pas ; notre énergie et notre détermination à défendre notre indépendance et notre déontologie ont fait honneur à la profession. Mais pour vaincre encore faut-il vouloir se battre.
    Dr Lamarche-Arène

  • Ou fonctionnaires ou disparition rapide des socialistes

    Le 14 juin 2015

    De toute façon c'est la fin très rapide de la médecine générale avec "médecin de famille".Il y a déjà quelques années que la médecine générale a perdu tout attrait tant financier qu'honorifique voire social (encore un peu dans les campagnes).La France se dirige à grands pas vers la médecine des pays de l'Est dans les années 60 : 9 heures midi, 14H30 17 heures en système Hôpital/Dispensaire, puis retour au domicile : fauteuil, télé, Scotch ou alors consultation "au noir" au domicile pour ceux qui aspirent à garder leur médecin. J'ai très bien connu cela en Bulgarie...en 1967.

    Dr Richard Guidez

  • La paille ou la poutre ?

    Le 15 juin 2015

    Les premiers responsables de cette involution de la médecine, sont les médecins eux-mêmes, avec une forte responsabilité des syndicats; et pas les mutuelles, qui ne sont que des entités privées qui recherchent à faire des bénéfices, à augmenter leurs clientèles, comme toute entreprise et à faire de la "com" et du lobbying. Et cela marche...
    Si les médecins veulent changer ce qui arrive à grands pas, ils devront avoir le courage de leurs opinions, de leurs choix et de la libéralité, pure et dure puisque "l'aide au soins primitive" de la SS initiale, est devenue un encadrement strict et dictatorial de la médecine française. Depuis 40 ans, le conventionnement a conduit à se diriger surement vers une médecine digne de celle des anciens pays communistes et à approfondir la dette nationale car ces 40 ans de dysfonctionnement, ont été financé par une ressource que nous n'avions pas.
    Reconstruire une SS et libéraliser cette économie médicale, ne se feront pas par la raison mais parce qu'il ne sera pas plus possible de continuer ainsi, compte tenu du dépérissement inéluctable de l'Europe et de la France. La Grèce nous rappelle que cela est possible, et la perte des 3 "A" des agences de notation, que cela est en marche. Dans l'immédiat, la messe est dite car 40 ans de conventionnement, ont déformé le concept de libéralité chez tous les soignants. Les propos de Madame Dormont, en sont la conséquence envisagée, et prochaine.

    Dr Christian Trape

  • La protection sociale tuera la protection sociale

    Le 16 juin 2015

    La Sécurité Sociale actuelle est à la protection sociale ce que les anciens PTT étaient au téléphone mobile d'aujourd'hui : un système unique (monopole) et obligatoire dans son secteur d'activité. Il serait pourtant si simple de rendre cette protection sociale facultative et de la mettre en compétition avec des systèmes privés! De la même manière que la multiplicité des opérateurs téléphoniques a permis la baisse des communications, la mise en concurrence de la "Sécu" historique avec des compagnies privées permettrait la baisse des dépenses de santé. Il faut casser ce monopole ou, au minimum, supprimer l'obligation de cotiser (par exemple au démarrage précaire d'une activité libérale). Mais l'Ecole de Palo Alto a montré comment l'esprit humain peut se fourvoyer avec la (mauvaise) stratégie "toujours plus de la même chose": plus le déficit de la Sécu se creuse, plus on matraque les cotisants (les salariés et les libéraux), pour dispenser la manne de l'État-Providence sur des bénéficiaires tendant à subsister grâce à ces largesses, au détriment des cotisants dont la barque de plus en plus chargée finit par couler... La protection sociale est devenue la caresse de l'ours à son maître: il l'aime tellement, il veut tellement son bien qu'il finit par l'étouffer de son étreinte "amicale"! Les économistes ultra-libéraux ont un adage célèbre, "l'impôt tue l'impôt" (courbe de Laffer, cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_de_Laffer). On peut penser, de la même façon, que l'excès de protection sociale finira par tuer le minimum nécessaire de protection sociale. Il suffit de voir comment l'économie des pays ex-communistes est devenue le royaume des oligarques, du "chacun pour soi" et de la débandade des protections sociales...
    Dr Alain Cohen

  • Les soins de Brigitte Dormont

    Le 17 juin 2015

    Quand elle sera malade, elle se fera soigner par les médecins triés sur le volet et pas ceux qui ont accepté d'être sous la coupe des mutuelles comme dans les pays ex-communiste.
    Rappelons que ces pays étaient du régime tiers payant pour tout mais leurs dirigeants n'ont pas été soignés par les mêmes médecins que le peuple.

    Dr Yen Buy

  • Grave, Madame Dormont !

    Le 21 juin 2015

    Vous croyez que nos politiques et économistes vont oser détruire la médecine libérale ?
    Réponse par Lino Ventura dans les Tontons Flingueurs...
    www.youtube.com/watch?v=CMzgMva5ekk

    Dr Jean6yves Chateau

  • Conflit d'intérêt... même quand l'argent n'est pas en cause

    Le 22 juin 2015

    Les conflits d'intérêts sont loin de se réduire à des questions d'argent ou à des pots de vin.
    L'adhésion indéfectible à des fantasmes sociaux à des paralogismes obsolètes ou à des sophismes pervers qui permettent en plus de se recaser le cas échéant, est bien de même nature que les conflits d'intérêt. Cette adhésion "idéologique" peut très bien se passer de tout échange d'argent tout en préparant un avenir confortable au sein d'une nomenclature pour le militant.

    Dr J-F Huet

  • Les intentions sont clairement affichées

    Le 27 juin 2015

    Pour une fois qu'un économiste parle un language direct et clair, je ne me plains pas. Maintenant, les intentions sont clairement affichées. Je suis même plutôt étonné de cette franchise. Peut être que ce ne sont pas les médecins qui sont le plus en colère mais ses propres pairs.
    On retrouve ce discours en détail dans le traité d'économie de santé/Science Po/ 2009/Didier Tabuteau et collaborateur, où un auteur par exemple essaye de modéliser le professionnel de santé comme un vendeur. On y retrouve aussi le client captif, les obligations des PdS vis à vis de leur "payeur", etc...

    Dr Philippe Lequitte

  • Et la france dégringole en terme de recherche

    Le 28 juin 2015

    Cette médecine administrée va droit dans le mur car elle oublie une chose c'est qu'il y a un art de guérir. Proposer des potions de façon systématisée peut être fait par des machines, systèmes experts et autre quincaillerie. Cela peut fonctionner mais dans aucun cas cela fonctionne correctement. La psychiatrie en est un témoin. La place de la relation au psychiatre a un rôle plus important que celui des médicaments (que l'assurance maladie paye fort cher au demeurant).
    En médecin générale, rassurer nécessite du temps. C'est incompatible avec une médecine administrée. Il faut voir la manière dont les médecins conseil de l'assurance maladie et le contentieux que cela génère pour le comprendre. Les médecins conseils d'ailleurs ont d'autres missions (cela permet une fois de plus de dénier la réalité de la maladie et du rôle causal de l'organisation social, du travail, et de l'urbanisation délirante).
    Bref, Mme Brigitte Dormont a une vision d'économiste et oublie une chose fondamentale c'est que le médecin a un rôle symbolique fondamental dans l'organisation sociale. La valeur liée à ce rôle n'est bien naturellement pas évaluée par Mme Dormont et c'est en fait de ce rôle symbolique exercé auprès du patient mais aussi des dirigeants qui permet à la société d'être en bonne santé.
    A moins que Mme Dormont roule pour des puissances économiques dont le seul objet est de saigner notre pays au travers de prescriptions inutiles de médicaments selon des protocoles standardisés par une HAS dont la plupart des experts croulent sous les conflits d'intérêt.
    Pendant ce temps, La recherche médicale qui ne peut plus être promue qu'au travers de puissances financières (du fait des lois poussées et promues par les industriels) s'effondre. Faire de la recherche en dehors du cadre règlementaire est devenu un délit il faut le savoir !
    Mme Dormont devrait s'intéresser aux aspects micro et macro-économiques de la santé de façon moins parcellaire que ce qu'elle nous laisse entendre !

    Dr Didier Cugy

  • Des médecins… qui ne feraient pas d’études de médecine

    Le 28 juin 2015

    Un seul et unique point rassemble les médecins, toutes spécialités confondues, tous revenus confondus, toutes morales confondues, c'est un savoir sur le corps.
    Cela leur vaut une haine sauvage de la part de ceux qui savent tout sur l'économie et tout sur le bonheur de la société. Le rêve des économistes est peut-être d’inventer des médecins… qui ne feraient pas d’études de médecine.

    Dr Anne Santagostini (psychiatre)

  • Au sujet des intentions de nos penseurs et gouvernants

    Le 28 juin 2015

    Nous avions le système de santé de référence et le système éducatif itou. Tous les anciens pays colonisés par les français les ont conservés presque intacts quand ils le pouvaient. Pour l'éducation, de réformes en réformes (une par ministère), nous constatons que nos bacheliers ne sont plus vraiment pris au sérieux par nos voisins, que les parents un peu au fait du système éducatif choisisse très souvent les écoles privées et qu'on a détruit nos universités (heureusement il reste les "grandes écoles"). Ceci avec les meilleures intentions du monde... Je ne suis même pas certain des meilleures intentions de nos gouvernants et de leurs têtes pensantes (comme Mme Dormont) en ce qui concerne les médecins voire presque certain du contraire. Je suspecte même une sorte de vandalisme : essayer de détruire les personnages qui comptaient dans la vie des villages : le maire, le maître d'école et le médecin. La revanche d'une élite économique dans une tentative de détruire les élites concurrentes ou la bêtise revancharde des soixante huitards ?

    Dr Claude Krzisch

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