Déserts médicaux : les bourses toujours plébiscitées, mais à l’efficacité limitée

Périgueux, le vendredi 13 avril 2018 - Qu’elles soient reconduites ou mises en place pour la première fois, les initiatives prises par certains départements pour lutter contre les déserts médicaux se multiplient. En Dordogne, le conseil départemental va ainsi proposer aux étudiants en médecine et en odontologie des bourses pour les encourager à une future installation dans les zones dites "en tension" démographique. Inscrites dans le schéma départemental d’accès aux soins de proximité 2016-2020, ces dispositions se déclinent en deux dotations spécifiques.

La première est destinée à financer les frais d’hébergement des étudiants ou internes en médecine générale à hauteur de 400 euros maximum par mois durant toute la durée du stage. Son financement sera assuré à parts égales par le conseil départemental et les intercommunalités ou communes engagées dans le dispositif. Au total, seules dix bourses seront attribuées chaque année. L’autre disposition prendra la forme d’un coup de pouce de 200 euros mensuels alloués par le département en plus des 1200 euros bruts par mois que percevront les étudiants ayant signé le contrat d’engagement de service public mis en place par Marisol Touraine. Les bénéficiaires s’engageront à s’installer dans les zones les plus fragiles du Périgord pour une durée minimum de cinq ans.

Six pour cent de réussite

En Haute-Savoie, le système de bourses accordées par le conseil départemental aux étudiants en médecine générale pour leur stage de troisième cycle a été mis en place il y a maintenant six ans pour les inciter à s’installer postérieurement sur leur lieu de formation. A l’heure actuelle, ils sont 29 à percevoir une allocation de 400 euros par mois pendant un semestre pour les aider à financer les frais de transport entre leur lieu de stage et leur université ainsi que l’hébergement dans un département ou les prix du locatif peuvent s’avérer particulièrement élevés.

Au total, sur les 247 internes en provenance des facultés de Grenoble et de Lyon qui ont bénéficié de cette bourse pour un investissement total de près d’un demi-million d’euros sur six ans, seuls 15 se sont finalement installés. Un ratio, de l’ordre de 6 %, qui peut paraître faible au regard des sommes engagées, mais qui n’a pas empêché la reconduction du dispositif par le conseil départemental pour trois années supplémentaires. De son côté, le docteur René-Pierre Labarrière, médecin généraliste à Annecy-le-Vieux et président du conseil départemental de l’Ordre des médecins a confié au Quotidien du Médecin qu’il s’agit là d’une « initiative formidable qui permet de faire venir de nouveaux médecins dans le département » et souhaité qu’elle soit étendue aux futurs spécialistes.

Benoît Thelliez

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