Diabète de type 2 : une étude autour du rôle clé du pharmacien dans l’observance

Paris, le jeudi 16 mars 2017 - Présentée lors du salon Pharmagora Plus qui s’est déroulé les 11 et 12 mars dernier à Paris, l’étude DiabPharmObserv met en évidence le rôle central du pharmacien d’officine dans l’amélioration de l’observance du patient diabétique de type 2 (DT2) et plus particulièrement en ce qui concerne l’autosurveillance glycémique (ASG). Cette forme de diabète qui concerne 92 % des cas chez l’adulte est en forte recrudescence dans le monde et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’hésite pas à parler de phénomène épidémique à son endroit. En France, ce sont 400 nouveaux cas de DT2 qui sont dépistés chaque jour.

Comme dans le diabète insulinodépendant (DT1), l’ASG qui constitue l’un des points-clé de la prise en charge nécessite que le patient soit accompagné afin qu’il en acquière les principes de base. Dans cette optique, l’étude DiabPharmObserv s’est donc employée à évaluer l’intérêt d’une démarche d’éducation des patients diabétiques par les pharmaciens, à l’instar de ce qui est déjà prévu dans la loi HPST de 2009 concernant l’accompagnement des personnes asthmatiques ou qui recourent à certains traitements anticoagulants.

Vers des entretiens pharmaceutiques sur le diabète ?

Réalisée en collaboration avec le professeur Pierre Fontaine, chef du service de diabétologie du CHRU de Lille et la Maison du diabète et des maladies chroniques, l’étude a fait intervenir 14 pharmaciens d’officine des Hauts de France à qui l’on a dispensé une formation spécifique (rappels généraux sur la maladie, ses complications, l’ASG, l’importance du régime alimentaire et de l’activité physique, la posture et les moyens de communication à adapter pour chaque patient..). Cinquante-cinq patients ont, pour leur part, bénéficié d’un entretien individuel réalisé en officine par l’un de ces pharmaciens munis d’outils pédagogiques spécifiques (carnet d’autosurveillance, livre de recettes, réglette de glycémie…)

Du point de vue des pharmaciens, la satisfaction est unanime : ils estiment avoir amélioré leur relation pour 72 % des patients revus 6 mois après leur entretien. De la même façon, les médecins généralistes sollicités encouragent le développement de cette initiative. En ce qui concerne les patients, les résultats sont également probants : 1 mois après les entretiens, 60 % d’entre eux rapportent un impact positif sur leurs pratiques (amélioration du suivi glycémique, modification du comportement alimentaire…) et la moitié affirme être en mesure de mieux comprendre ses résultats de glycémie.

Six mois après, ils sont 54 % à déclarer de meilleurs résultats de glycémie  et 71 % (sur 14 répondants) à avoir constaté une diminution de leur taux d’hémoglobine glyquée. Pour le Pr Fontaine, la mise en place d’entretiens pharmaceutiques sur le diabète s’avère « une nécessité » car « tout ce qui va dans le sens de l’accompagnement, du coaching et de l’éducation thérapeutique bénéficie au patient. Nous nous inscrivons dans un parcours de soins coordonnés. Il est important que les messages soient les mêmes selon les professionnels de santé et qu’ils soient renforcés par les uns et les autres ».

Benoît Thelliez

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