Dossier médical partagé : promis cette fois, c’est la bonne !

Paris, le vendredi 16 février 2018 - L'idée de sa mise en place date de 2004 et depuis le Dossier médical partagé (DMP) était devenue une arlésienne. Ainsi, seuls 9 départements ont expérimenté ce dispositif visant à permettre l'échange d'informations médicales entre professionnels de santé libéraux et hospitaliers…et sur le petit million de DMP créé, la moitié est tout bonnement vide !

En 2015, le DMP a conservé son acronyme mais changé de nom (DMP signifiait jusqu’alors Dossier médical personnel) et Marisol Touraine a confié sa mise en place à l’Assurance-Maladie, institution semble-t-il très optimiste quant à l’avenir du dispositif, si l’on en juge par l’interview que son directeur général, Nicolas Revel a accordée au quotidien Les Echos.

De presque rien à plusieurs « dizaines de millions »

Le patron de la CNAM (Caisse nationale d’Assurance-maladie) promet ainsi que le DMP « sera généralisé à l'automne prochain à tous les départements et à tous les assurés sociaux (…). L'objectif est d'aller très vite et d'ouvrir, d'ici quatre ou cinq ans, plusieurs dizaines de millions de DMP avec des données abondantes et fréquemment actualisées ».

Des DMP plus simple d’utilisation ?

Un des écueils majeurs du dispositif, qui explique en partie son échec, concernait les difficultés de création et d’utilisation d’un DMP. A ce sujet, Nicolas Revel rappelle : « dans l'ancienne version du DMP, il fallait qu'un médecin prenne quelques minutes pour ouvrir le dossier de son patient. C'était un goulot d'étranglement rédhibitoire ».

Dorénavant, ce sont les assurés sociaux qui pourront créer directement leur dossier en ligne ou dans les accueils des Caisses primaires d'assurance-maladie où même « dans n'importe quelle pharmacie » (une rémunération de 1 euro par dossier ouvert sera d’ailleurs allouée aux pharmaciens).

Sur le plan technique, il est également promis une application mobile sous iOS et Android d’usage simple dont le patient restera maître ce qui lui permettra notamment de « masquer certaines informations ou [de] s'opposer à ce qu'un professionnel puisse consulter son dossier - sauf bien sûr quand il s'agit de son médecin traitant » explique aussi Nicolas Revel.

Pour éviter que ces DMP soient vides, ils seront alimentés d’emblée « avec deux années de consommation de soins : les médicaments remboursés, les médecins consultés, le recours aux autres professions de soins, les examens réalisés... La loi prévoit aussi que les établissements de santé transfèrent les comptes rendus d'hospitalisation. Les médecins généralistes seront incités financièrement à remplir des volets de synthèse médicaux qui ont vocation à alimenter le DMP, de même que les résultats d'analyse transmis par les laboratoires de biologie ».

Concernant le financement, Nicolas Revel a promis une opération indolore, « l'investissement de départ ayant déjà été fait », plus de 200 millions d’euros en l’occurrence ! 

Rappelons pour finir les propos de Roselyne Bachelot le 22 juillet 2010 : « Je m’étais engagée à lancer le DMP en 2010, et cet engagement sera tenu »…

Frédéric Haroche

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Vos réactions (9)

  • Le DM personnel est une bonne idée. Le DMP Web non !

    Le 17 février 2018

    Si le DMP est en retard de 15 ans, c’est pour des raisons de secret médical qui est impossible de respecter avec un DMP-WEB. Par contre, un DMP un DMP-USB sur carte mémoire dans la poche du patient aurait plus de succès et pourrait diminuer les redondances d’examens.

    Dr Jean Doremieux

    JD

  • Mieux que l'USB

    Le 17 février 2018

    Absolument d'accord.
    Et il y a d'autres supports mobiles plus performant que l'usb.

    D Solaret

  • Le modèle du Dossier Pharmaceutique

    Le 17 février 2018

    Au risque de paraître redondant, complètement d’accord avec les deux réactions ci-dessus. Une des principales raisons de la gabegie du DMP a été la mise au point de procédures de confidentialité trop complexes. L’Ordre des pharmaciens l’avait parfaitement compris, il y a déjà dix ans, en lançant le Dossier Pharmaceutique sur la base du volontariat des patients. L’idée de la clé USB est effectivement excellente, mais on peut d’ores et déjà envisager d’autres supports plus modernes, smartphone notamment.

    Bernard Delorme

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