En plein bras de fer avec l’Assurance maladie, les IDEL interpellent le Président de la République

Paris, le mardi 21 septembre 2021 - La Fédération nationale des infirmiers (FNI), premier syndicat représentatif des infirmiers libéraux s’adressent au Président de la République dans une lettre ouverte.

Ce cri d’alarme intervient alors que « depuis déjà 20 mois, les infirmières et infirmiers libéraux tiennent les lignes sur le front de lutte contre la Covid-19 et de la vaccination » et que le projet de loi sur l’autonomie des personnes âgées a été abandonné.

Une clause de revoyure qui pourrait couter 120 millions d’€ aux IDEL

Surtout, une "clause de revoyure" a été activée par l'Assurance maladie, ce qui scandalise la FNI.

Ainsi, en pratique le "forfait dépendance lourd" négocié en 2019 coûte plus cher que prévu. Facturé 28,70 euros par jour, quel que soit le nombre de passages quotidiens au domicile, cet acte était à l'origine censé tenir dans "une ligne budgétaire d'environ 100 millions d'euros". Or, les dépenses ont dérapé, à tel point que les infirmiers sont aujourd'hui sommés de « rendre » 120 millions d'euros dans le cadre de "mesures correctrices" rendues possible par une clause de revoyure activée par l’Assurance maladie. 
 
Un climat encore alourdi par la conjoncture économique, « Depuis plusieurs mois, le prix des carburants a sensiblement augmenté. Un litre de gasoil coûtait 1,20€ il y a un an, il est aujourd’hui à 1,40€ ou plus. Pour les infirmières et les infirmiers libéraux qui sont sur la route toute la journée, cette situation est évidemment très pénalisante » rappelle ainsi de son côté Convergence infirmière.

Dans cette missive, publiée dans plusieurs titres de la presse régionale, l’organisation s’indigne également que « le statut d’infirmière de famille, à l’instar du médecin traitant ou de pharmacien référent, n’est toujours pas reconnu et valorisé ». Elle pointe aussi un quinquennat durant lequel « tout dialogue constructif » a été refusé aux infirmiers, la « logique comptable » l’emportant sur l’intérêt des patients qui aspirent aujourd’hui à être soignés à domicile.

Soins à domicile : que veut vraiment le gouvernement ?

Aussi, la FNI interpelle Emmanuel Macron : « Monsieur le Président de la République, quel modèle de prise en charge à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie souhaitez-vous réellement ? Monsieur le Président de la République, quelle place souhaitez-vous réellement donner à une profession qui assure le maintien à domicile de plus de 75% de personnes âgées, y compris des plus modestes ? Monsieur le Président de la République, pensez-vous réellement légitime de pénaliser les infirmières et infirmiers libéraux alors que les besoins de prise en charge à domicile de nos aînés augmentent et continueront à le faire dans les prochaines années ? » .

Pour commencer à répondre à ces questions, la FNI demande au Président de la République de permettre « le déblocage de nos négociations conventionnelles ».

F.H.

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Vos réactions (1)

  • Clause de revoyure infirmiers libéraux

    Le 22 septembre 2021

    Il est heureux de voir la Fni se réveiller pour dénoncer une clause qu'ils ont eux même signé en mars 2019 et qui compromet largement le maintien des personnes dépendantes à domicile.
    En espérant que le président de la république l'entende et intervienne auprès du directeur de la Cnam pour abroger cette clause insupportable qui sanctionne les patients avant tout et qui compromet la qualité des prises en charge.

    Tranchida Antoinet (Présidente ONSIL)

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