Etats-Unis : La Covid plus meurtrière que la grippe espagnole

Washington, le mardi 21 septembre 2021 – La presse américaine en a fait ses gros titres : la Covid-19 a désormais tué davantage d'Américains que la grippe espagnole en 1918-19.

Ainsi, selon les données publiées lundi par l'université Johns Hopkins de Baltimore, plus de 675 700 personnes contaminées par le SARS-CoV-2 sont décédées aux États-Unis.

Or, d'après des historiens et les CDC (Centers for Disease control), la grippe espagnole a tué 675 000 personnes aux États-Unis.

En revanche, en nombre d’années de vie perdue, les ravages de la grippe espagnole ont été bien plus importants. Ainsi, contrairement au Covid-19 (pour laquelle l’âge médian au décès est d’environ 80 ans), la grippe espagnole a beaucoup tué parmi les 20- 40 ans, population relativement épargnée par le coronavirus actuel.

Il convient également de noter qu'il y a un siècle la population américaine ne représentait que le tiers de ce qu'elle est aujourd'hui...

Reste que cette barre symbolique marque les esprits outre-Atlantique, dans un contexte de durcissement du gouvernement fédéral sur la vaccination.

Le « roi » Joe

Joe Biden a ainsi, tout récemment, rendu la vaccination obligatoire pour quelque 100 millions de travailleurs, fonctionnaires du gouvernement fédéral et salarié du privé.

Une décision très contestée, y compris par certains États. Ainsi, les autorités de l’Arizona, État gouverné par les républicains, ont déposé la première plainte contre la décision du président, Joe Biden. « Le gouvernement Biden bafoue une nouvelle fois nos lois et notre jurisprudence pour promouvoir ses idées radicales », a ainsi déclaré le procureur général de l’État, Mark Brnovich.

Selon lui, le président viole les libertés individuelles, le fédéralisme ainsi que la séparation des pouvoirs et se comporte comme « un roi ». Mais, dans sa plainte, qui vise Joe Biden et plusieurs membres de son gouvernement, Mark Brnovich prend un autre angle d’attaque : il leur reproche d’imposer la vaccination aux Américains mais pas aux immigrés entrés illégalement aux États-Unis, en rupture selon lui avec le principe d’égalité devant la loi.

« Il ne peut y avoir de discussion sérieuse ou scientifique sur la façon de juguler la propagation du Covid-19 si elle ne commence pas à notre frontière sud », a détaillé le premier magistrat de cet État frontalier avec le Mexique.

Ce durcissement sur le vaccin s’accompagne, paradoxalement, d’une levée partielle des restrictions aux frontières.

Une « nouvelle formidable »

Les États-Unis autoriseront ainsi à partir du 1er novembre, l’entrée sur leur territoire des voyageurs vaccinés en provenance de l’Union européenne et du Royaume-Uni. Tous les vaccins pourraient être considérés comme valable, selon les informations dont dispose le commissaire européen Thierry Breton.

Rappelons que depuis le mars 2020, les États-Unis interdisent leur territoire à la plupart des ressortissants étrangers ayant résidé au cours des quatorze derniers jours dans les 26 pays de l’espace Schengen ainsi qu’en Irlande, au Royaume-Uni, en Chine, en Inde, en Afrique du Sud, en Iran et au Brésil.

Ces vaccinés provenant de l’étranger devront tout de même se faire tester et porter un masque, tandis qu’un système de suivi des contacts sera mis en place. Il y aura quelques exceptions, notamment pour les enfants qui ne sont pas encore éligibles à la vaccination.

Jeff Zients a précisé par ailleurs que les Américains non vaccinés qui reviendraient aux États-Unis après un séjour à l’étranger seraient eux soumis à des obligations de tests encore plus strictes. Il leur sera ainsi demandé de se faire tester dans la journée précédant leur retour et à nouveau après leur arrivée sur le sol américain.

La Commission européenne a salué lundi la décision américaine. « Nous nous félicitons de l’annonce faite par les États-Unis selon laquelle les voyageurs européens entièrement vaccinés pourront bientôt voyager à nouveau aux États-Unis. Il s’agit d’une mesure attendue depuis longtemps par les familles et les amis séparés, et d’une bonne nouvelle pour les entreprises », a indiqué la Commission sur Twitter.

« C’est un fantastique coup de pouce pour les entreprises et le commerce, et c’est formidable que les familles et les amis des deux côtés de l’océan puissent à nouveau être réunis », s’est félicité aussi sur Twitter le Premier ministre britannique, Boris Johnson.

La levée de ces restrictions des voyages représente une « nouvelle formidable », attendue depuis un an et demi, s’est également réjoui le directeur général d’Air France-KLM.

En effet, avant la pandémie, le groupe aérien franco-néerlandais réalisait 40 % de son chiffre d’affaires sur les liaisons via l’Atlantique nord…

X.B.

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