France : la nouvelle vague est là mais atteindra-t-elle l’hôpital ?

Paris, le lundi 13 juin 2022 - Les chiffres sont là : l’épidémie de Covid-19 connaît un rebond en France. En semaine 22 (30 mai au 5 juin), après huit semaines de baisse, le taux d’incidence a augmenté (242/100 000, +13 %), de même que le taux de dépistage (1 541, +3 %) et le taux de positivité (15,7 %, +1,3 point). De plus, le R effectif est à nouveau supérieur à 1 (1,1). Si les données de la semaine dernière ne sont pas encore consolidées, on constate que cette tendance semble se poursuive (incidence de 336,4 calculé ce jour, en hausse de 43,4 %).

Ce rebond s’expliquerait par la baisse du respect des gestes barrières, la baisse d’efficacité du vaccin dans le temps et surtout par la propagation des sous-variants BA.4 et BA.5. Ces deux sous variants représentent désormais 1,1 % et 18 % des cas respectivement. Or, des études ont démontré les risques d’échappement immunitaire avec ces deux sous variants.

« Il semble que l’on reparte sur une nouvelle vague », a résumé vendredi sur Franceinfo le professeur Antoine Flahault, épidémiologiste à l’université de Genève.

Le fondateur de Covid tracker, Guillaume Rozier estime en outre que les chiffres actuels, déjà élevés, pourraient être sous évalués, on a « rarement aussi peu dépisté depuis le début de l’épidémie » souligne-t-il ainsi sur BMF TV.

L'impact de cette nouvelle vague pourrait être en revanche limité, grâce à la faible virulence de ces deux sous-variants.

Pas de panique à l’hôpital

En S22, les recours aux soins pour suspicion de Covid sont également repartis à la hausse que ce soit aux urgences (1 893, +22 %) ou chez SOS Médecins (685,+24 %).

La baisse du nombre de nouvelles hospitalisations (2 003, -15 %) et d’admissions en soins critiques (244, -15 %) s’est poursuivie en S22, mais de manière moins marquée que les semaines précédentes. L’heure n’est donc pas à la panique, compte tenu des expériences internationales de vague BA.4 et BA.5.

En Afrique du Sud, « où BA.4 et BA.5 ont été initialement détectés et où BA.4 est aujourd’hui majoritaire, le pic de la vague épidémique a été passé mi-mai et son impact a été très modéré. BA.5 est aujourd’hui majoritaire au Portugal, où l’incidence est en augmentation mais reste encore à des niveaux plus faibles que la vague précédente » appuie Santé Publique France. Notons cependant qu’au Portugal, le nombre d’hospitalisations a augmenté, passant de 1 100 à 2000 hospitalisations hebdomadaires dont de 60 à 110 en soins critiques. Mais le pic hospitalier semble avoir été atteint fin mai.

Ces observations font ainsi pencher nombre d’experts vers un optimisme raisonné…

X.B.

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