Hépatites pédiatriques d’étiologie inconnue : toujours le temps des conjectures

Atlanta, le lundi 9 mai 2022 - Les CDC (Centers for diseases control) ont publié de nouvelles données sur les cas d’hépatites pédiatriques d’étiologie inconnue.

Au total, les épidémiologistes américains recensent 109 cas à travers les Etats-Unis, dans 25 Etats, survenus ces 7 derniers mois, chez des patients dont l’âge médian est de 2 ans. Dans  90 % des cas, le tableau clinique a justifié une hospitalisation et 14 % de ces enfants ont dû recevoir une greffe de foie, 5 sont décédés.

« La vaccination contre la Covid-19 n’est pas la cause » a martelé Jay Butler des CDC en conférence de presse, en disant vouloir mettre un terme aux rumeurs circulant sur Internet. En effet, en raison de leur jeune âge, les enfants concernés n’étaient pour la plupart pas éligibles à la vaccination anti-Covid souligne-t-il.

Les CDC privilégient la piste d’un nouvel adénovirus ou celle de l’adénovirus de type 41 (50 % des enfants positifs).

Un variant inconnu de la Covid ?

Dans un rapport en date du 28 avril, l’UK Health Security Agency (UKHSA) se montre plus complète concernant les étiologies possibles et rassemblent les différentes hypothèses en lice. L’Agence explique en préambule qu’aucune de ces suppositions ne peut être privilégiée, y compris celle d’un adénovirus. 

La cause éventuelle la plus simple semble être une infection « normale » à un adénovirus, la sensibilité accrue des jeunes patients s’expliquerait alors par un déficit d’exposition des enfants durant la pandémie.

Il pourrait s’agir également d’une vague exceptionnellement importante d'infections normales à un adénovirus, qui se traduirait par l’augmentation de la fréquence d’une complication très rare.

Cette sensibilité anormale aux adénovirus pourrait également, selon l’UKHSA, être le fait d'un médicament ou d’un toxique présent dans l’environnement.

Bien entendu, l’UKHSA évoque également l’une des possibilités les plus discutées, celle d’un nouvel adénovirus. Pour l’UKHSA, l’idée d’un nouvel agent pathogène inconnu agissant seul ou dans le cadre d’une co-infection n’est pas non plus à exclure.

Enfin, UKHSA imagine également qu’une réponse anormale à un adénovirus pourrait s’expliquer par une infection antérieure ou une co-infection par SARS-CoV-2. Toujours en lien avec la Covid, les scientifiques britanniques avancent qu’il pourrait s’agir de l’expression d’une infection par SARS-CoV-2 et en particulier d’un nouveau variant du SARS-CoV-2 encore inconnu à ce jour. L’absence de preuve systématique d’une infection par un adénovirus ou par une infection actuelle ou antérieure par un variant connu du SARS-CoV-2 rend ces hypothèses plausibles pour les auteurs.

A suivre…

X.B.

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