Hôpital numérique : des progrès et des tensions

Paris, le lundi 9 février 2015 – Lancé en 2012, le programme « Hôpital numérique » ou « la politique nationale relative aux systèmes d’information hospitaliers » a pour objectif d’accompagner les établissements hospitaliers sur le terrain des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Un bilan à mi parcours vient d’être établi par l’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP) qui met en évidence d’importants progrès. Aujourd’hui, 800 établissements remplissent en effet déjà les trois priorités pré-requises par le programme qui concernent la confidentialité des systèmes, leur fiabilité et leur dynamisme. On compte par ailleurs 401 projets portés dans 248 établissements. Le plus grand nombre de ces programmes concerne la prescription électronique alimentant le plan de soins (30 %), tandis que le pilotage médico-économique est au centre de 19 % des programmes, suivi par la mise en place d’un dossier patient informatisé interopérable (19 %), de la  programmation des ressources (17 %) et de la numérisation des résultats d’imagerie (15 %). On relèvera par ailleurs que cette dynamique concerne d’abord les établissements privés (qui concentrent 51 % des projets), avant les établissements publics (35 %), les établissements de santé privés à but non lucratifs (13 %) et les centres de lutte contre le cancer (CLCC, 1 %).

La Champagne Ardenne en tête

Si les responsables de ces missions au sein de l’ANAP et de la Direction générale des affaires sociales (DGOS) ont été heureux de constater que le mouvement semble connaître partout une évolution favorable, on observe cependant que certaines régions se montrent plus investies que d’autres. C’est par exemple le cas de la Champagne Ardenne dont les Directeurs des systèmes d’information et de l’organisation (DSIO) a obtenu l’année dernière de l’Agence régionale de santé « un renforcement de compétences pour mettre les établissements en situation d’avancer concrètement sur le programme hôpital numérique » comme l’indique un récent communiqué du groupement de coopération sanitaire des systèmes d’information de santé de Champagne Ardenne (GCS-SISCA). Ce « renforcement des compétences » passe notamment par l’organisation fréquente de journées de formation, dont un dernier bilan s’est félicité de la qualité et de l’exhaustivité, tant en ce qui concerne les sujets abordés que le statut des participants.

Zoom sur l’un des derniers centres hospitaliers non informatisés

Cependant, derrière ces statistiques encourageantes et ces manifestations d’enthousiasme, à l’échelon local, l’entrée dans l’ère du numérique ne se fait pas toujours sans heurts. Au moment de décider d’un système de dossier patient informatisé, les tensions ne sont en effet pas rares entre les directions administratives et les représentants des instances médicales. Le centre hospitalier de Riom a offert récemment une illustration de ces difficultés. Douze des quatorze membres de la Commission médicale d’établissement (CME) dont le président, le docteur Alain-Charles Fouilhoux et le pharmacien Olivier Dehaese ont en effet récemment décidé de donner collectivement leur démission de la CME. Ils souhaitaient ainsi protester contre la perte de temps et d’argent qu’a représenté ces deux dernières années la recherche d’un logiciel pour créer un dossier patient informatisé à Riom… avant que la direction décide finalement d’opter pour un rattachement au système du CHU de Clermont-Ferrand, solution qui avait pourtant été écartée en 2012. Face à ce qu’ils considèrent comme une gabegie de temps et d’argent, les responsables de la CME ne décolèrent pas. « Il paraît que c’est le seul compatible, mais il faut savoir qu’à l’heure de la fusion annoncée avec la région Rhône Alpes, on avait choisi le même que celui utilisé dans les CHRU de Saint-Etienne, Lyon et Grenoble ! De plus, on ne sait rien sur le déploiement de ce logiciel à Riom, sachant qu’on est l’un des derniers centres hospitaliers de France à ne pas être informatisé ! Et à Clermont, l’informatisation a commencé en 2008 et elle n’est toujours pas achevée. Alors on a quelques doutes sur notre intégration à leur logiciel » expliquent Alain-Charles Fouilhoux et Olivier Dehaese au quotidien local la Montagne.

Aurélie Haroche

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