HPV : pourquoi les jeunes filles ne se vaccinent pas ?

Mont de Marsan, le vendredi 11 août 2017 - La couverture vaccinale des jeunes filles contre le papillomavirus demeure assez faible dans notre pays. Ainsi, en 2013, elle était de 20 % à 16 ans et 38 % à 20 ans (1).

Aussi Marie Segaillat, dans le cadre de sa thèse pour le doctorat en médecine, s’est intéressée, par le biais d’une étude qualitative réalisée auprès de 23 adolescentes âgée de 16 et 18 ans scolarisées à Mont de Marsan, aux freins à la vaccination contre le HPV.

Outre les réticences "classiques" liées à la défiance grandissante vis-à-vis de la vaccination et les craintes plus prosaïques de l’acte médical, il ressort de ces entretiens, 4 grandes catégories d’obstacles à la vaccination anti-HPV : la méconnaissance de la gravité potentielle d’une infection par un virus HPV, la peur d’effets indésirables graves et handicapants, pourtant non avérés, entretenus par certains médias (et en particulier les réseaux sociaux),  l’avis défavorable de certains médecins sur les vaccins anti-papillomavirus (qu’ils considèrent comme inefficaces, inutiles et couteux en termes de santé publique) et enfin les difficultés d’aborder le thème de la sexualité à l’adolescence.

On notera aussi, dans une moindre mesure, le caractère non obligatoire des vaccins contre les papillomavirus qui apparaît chez certaines comme un argument en faveur de la non-importance de cette immunisation (ce qui d’ailleurs plaide, en creux, pour l’extension des obligations vaccinales…). Enfin, l’une des jeunes filles interrogées a évoqué le coût de la vaccination.

J’en appelle à toutes les mères !

Le rôle des parents, et en particulier de la mère semble aussi primordial, ainsi « pour la moitié des jeunes filles, les parents refusent la vaccination ou s’expriment contre la vaccination HPV »…et cet avis de la mère est largement suivi, « nous n’avons pas eu de cas où la jeune fille s’est opposée à l’avis de sa mère » note Marie Segaillat.

Elle souligne d’ailleurs : « nous retiendrons, comme notion forte de notre étude, l’importance du binôme mère/fille dans la prise de décision concernant la vaccination. Ce binôme doit être considéré comme une seule entité, avec des caractéristiques très singulières en rapport avec le statut d’« adolescente » d’une part et d’autre part, en rapport avec la qualité du dialogue mère/fille ».

 

1) Haut Conseil de la Santé Publique. Vaccination contre les infections à papillomavirus humains. 2014.

Frédéric Haroche

Références
Marie Segaillat, Les freins à la vaccination contre les papillomavirus. Thèse pour l’obtention du diplôme d’état de docteur en médecine, soutenue à Bordeaux.

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