Implants mammaires texturés : des recommandations qui ne seront pas rejetées par les chirurgiens

Paris, le lundi 11 février 2019 – Les risques associés aux implants mammaires texturés, en particulier celui de développer un lymphome anaplasique à grandes cellules lié aux implants mammaires (LAGC-AIM, 53 cas et 3 décès colligés en France depuis 2011) sont bien documentés.

Néanmoins, il ne semble pas possible de se passer de ce type d’implants. Ainsi, en chirurgie reconstructrice, les implants texturés sont indiqués dans un certain nombre de situations dans lesquelles la texture de l’implant constitue un bénéfice avéré, tandis qu’en chirurgie esthétique, l’utilisation des implants texturés est une option qui peut avoir un intérêt dans de nombreux cas. Ainsi, en France, les implants texturés représenteraient 83% du marché.

Dans ce contexte complexe, l’ANSM a émis, il y a quelques mois, la recommandation d’utiliser préférentiellement des implants lisses et « compte tenu des doutes émis par les professionnels de santé » d’interdire le recours à la texture Biocell d’Allergan, majoritairement impliquée dans les cas de LAGC-AIM. L’autorité de sécurité sanitaire a également diligenté un comité réunissant les différentes « parties prenantes » qui vient de rendre ses observations.

Ce dernier, s’il recommande « la plus grande prudence » concernant les implants mammaires de textures équivalentes à celles des Biocell et aux implants polyuréthane ne préconise toutefois pas d’explantation préventive de ces implants et estime qu’il convient de définir des nouvelles conditions d’utilisation des implants texturés. Il plaide ainsi pour la création d’une classification standardisée des textures, une information rigoureuse des patientes, un suivi annuel clinique et échographique, une information auprès des professionnels de santé n’exerçant pas en chirurgie esthétique ou reconstructrice et une transparence accrue des fabricants.

Le comité souhaite également la mise en place rapide d’un « registre national des implants mammaires dont la création vient d’être approuvée ».

Au total, le comité semble avoir suivi les recommandations des chirurgiens, qui pour résumer en reprenant les mots du Dr Sébastien Garson, président de la SOFCEP (Société française de chirurgie esthétique) ont appelé à ne pas «  jeter le bébé avec l'eau du bain ».

L’ANSM rendra sa feuille de route définitive dans quelques semaines.

F.H.

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