Infirmiers de pratique avancée : un périmètre précisé

Paris, le vendredi 1er juin 2018 - Les discussions pour parvenir à la rédaction d’un projet de décret destiné à créer la profession d’infirmier de pratique avancée (IPA) a parfois pris des allures de négociations secrètes.

Mais alors que, dans quelques semaines seulement, le décret entrera en vigueur, la DGOS (Direction générale de l'offre de soins) a enfin dévoilé les contours de cette réforme majeure à l’occasion de la Paris HealthCare Week.

IPA : quel périmètre d’intervention ?

En premier lieu, le périmètre d’intervention des IPA a été précisé et les inquiétudes, concernant leur autonomie, émises par les organisations infirmières et par l’Ordre, pourraient se confirmer :

Ainsi, « dans la pratique avancée, la première ligne d’entrée restera le médecin » a prévenu la DGOS. En revanche, le médecin pourra « confier pour la totalité de la prise en charge du patient, y compris pour le renouvellement de traitement, un patient à une IPA. Si au cours du parcours, la situation se déséquilibre, ce sera de la responsabilité de l’IPA de ré-adresser le patient au médecin ».

IPA : comment accéder à la formation ?

Le cursus universitaire de deux ans (master II) sera ouvert à tout infirmier diplômé d’Etat (IDE) ayant exercé pendant au moins trois ans, et ce, quel que soit son mode d’exercice. Les diplômés (dont les premiers sortiront en 2020) pourront exercer à l'hôpital comme en ville avec comme impératif d’exercer en équipe pluri-professionnelle.

Rappelons que deux universités proposent déjà un parcours en pratique avancée (Aix-Marseille et St Quentin), sans que ces formations aient une reconnaissance officielle. Aussi, si les professionnels qui ont suivi ces enseignements bénéficieront de passerelles, ils n’obtiendront pas pour autant d’équivalence.

IPA : quelle formation ?

Concernant le contenu de la formation, les universités qui ouvriront un master préparant au métier d'IPA et qui devraient être connues en Juin seront tenues de proposer, parmi les trois enseignements possibles en pratique avancée celui consacré aux « pathologies chroniques stabilisées, prévention, polypathologies et soins primaires ». Les deux autres cursus, relatifs à l’oncologie et l’onco-hématologie d’une part et aux maladies rénales chroniques, à la dialyse et à la transplantation rénale d’autre part resteront pour le moment optionnel, tandis que l’ouverture d’un parcours en psychiatrie et santé mentale est repoussée jusqu’en 2020.

Au niveau des rémunérations, qui se feront au forfait, on promet déjà des négociations conventionnelles ad hoc « afin de permettre une juste valorisation de cet exercice »…

Frédéric Haroche

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Vos réactions (1)

  • Mauvaise appellation

    Le 03 juin 2018

    La traduction pratiques avancées issues de la langue anglaise est une mauvaise appellation, car elles n'avancent rien du tout. L'art 51 de la loi HSPT de 2009 précise : "dans une démarche de coopération ayant pour objet d'opérer entre eux des transferts d'activités ou d'actes de soins ou de réorganiser leurs modes d'intervention auprès du patient."
    Exceptionnellement, on ne cite pas l'expérience des pays étrangers et tout le monde est muet sur cet aspect ! Pourquoi ? parce que les informations qui filtrent de ce décret non encore paru dénaturent ce que d'autres ont uniformisé : Australie (1976), Québec, Royaume Uni, Pays-Bas, USA (1976)...
    Le projet ainsi présenté ne résout pas le problème de fond, celui des économies, puisque le l'infirmier sera le bras armé du médecin, que le malade devra passer par le médecin, ce qui n'est pas une pratique avancée au sens ou d'autres pays l'ont mis en place. Mais une pratique déléguée sous condition...
    Quant un patient va chez le dentiste, il lui demande qu'est-ce qui vous arrive ? J'ai une carie... Ouvrez la bouche...ah, oui !
    Quant un patient va chez le médecin, il lui demande qu'est-ce qui vous arrive ? J'ai une angine... Il lui répond qui c'est le médecin ici ?Je crains que si le niveau de compétences de l'infirmière augmente, elle ne pourra pas les mettre en application.

    Dr Larochelle

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