Information nutritionnelle : le système à cinq couleurs conforté par une nouvelle étude… et bientôt évalué par des industriels !

Paris, le jeudi 27 août 2015 – Comme nous l’indiquions dans ces colonnes, mardi, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a considéré que de tous les systèmes d’information nutritionnelle aujourd’hui développés, le dispositif reposant sur un logo décliné en cinq couleurs est le seul pouvant être considéré comme réellement pertinent. Aujourd’hui, cette analyse est confortée par la publication dans la revue Nutrients des résultats d’une étude menée par deux chercheuses françaises de l’Equipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN) auprès de 14 000 personnes.

Des systèmes tous performants, mais un dispositif qui dépasse les autres

Ces participants volontaires issus de la cohorte Nutrinet ont été invités à comparer quatre systèmes d’information nutritionnelle : le système coloriel 5-C, le dispositif dit de la "coche verte" , le Traffic Lights Multiples proposé parfois en Grande-Bretagne et les Repères journaliers recommandés qui sont indiqués sur un nombre croissant de produits en France.

Les résultats mettent tout d’abord en évidence que les sujets considérés comme à risque d’adopter une alimentation de "moins bonne qualité" (personnes âgées, bas revenus, faible niveau d’éducation, faible niveau de connaissance en nutrition, personnes en surpoids ou obèses) rencontrent de plus grandes difficultés à classer les aliments en fonction de leur qualité nutritionnelle. Dans tous les cas, pouvoir s’appuyer sur un étiquetage spécifique permet de faciliter cette classification et ce chez tous les sujets. Cependant il semble qu’ « en termes de compréhension » souligne l’étude, le système à cinq couleurs dépasse les autres méthodes. Cette observation s’impose notamment chez les sujets dits " à risque ". Si ces résultats s’inscrivent dans une série d’études et d’évaluations qui dans leur majorité ont également consacré les avantages du système coloriel, on observera cependant que la population de la cohorte  nutrinet nécessairement sensibilisée aux enjeux de l’alimentation n’est peut être pas parfaitement représentative de l’ensemble des Français.

Evaluons les tous (encore) !

Cette nouvelle étude incitera-t-elle les industriels à envisager avec plus d’aménité le système coloriel qu’ils rejettent depuis plusieurs mois ? Au lendemain de la publication de l’avis du Haut conseil pour la santé publique (HCSP), l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) a une nouvelle fois marqué son hostilité vis-à-vis de ce système. Mais de son côté, le Fonds français pour l’alimentation (FFAS) a témoigné d'une réflexion plus constructive. Il s’affirme prêt dans un communiqué publié hier à mener une évaluation « en conditions réelles (…) des dispositifs qui postulent à un déploiement national et à mettre en place une procédure d’évaluation de leur impact ». Ce programme permettra non seulement de déterminer la technique la plus efficace, mais également d’améliorer le cas échéant le dispositif. Le FFAS s’engage clairement tout en remarquant que pour l’heure, comme l’ont mis en évidence certaines études rendues publiques à l’occasion d’une conférence organisée par ses soins en juin dernier « la proportion des consommateurs qui ne font aucun usage d’un dispositif simplifié d’information nutritionnelle est élevée ».

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Conflit d'intérêt ?

    Le 27 août 2015

    L'étude en question est basée sur la cohorte Nutrinet, pilotèe par la personne qui a proposé le système des 5C... L'initiative du Fond Français pour l'Alimentation et la santé est donc une opportunité intéressante d'avoir des résultats "indépendants". Néanmoins, il est plus que probable que face au prix, à la publicité et aux promotions, les systèmes d'étiquetage n'aient pas beaucoup d'impact sur les comportements d'achat et l'équilibre alimentaire des Français : ceux qui savent seront très probablement confortés dans leur savoir et les autres achèteront comme avant... "Fumer tue" n'a pas réduit la consommation de tabac hélas ! À suivre donc !

    Ghislaine Challamel

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