Italie : la fin du commencement ?

Rome, le vendredi 27 mars 2020 – Le nombre de morts quotidien en Italie stagne depuis quelques jours, faisant espérer le début d’un ralentissement de l’épidémie. Alors que plusieurs pays vont bientôt entrer en confinement, la vie reprend peu à peu ses droits en Chine.
« Ce n’est même pas le début de la fin, ce n’est que la fin du commencement » déclarait Winston Churchill alors que les forces alliées remportaient leurs premières victoires en 1942. Avec 712 morts pour la seule journée du 26 mars (8 215 décès depuis le début de l’épidémie), la situation italienne reste encore particulièrement préoccupante. Mais après un pic à 800 morts pour la seule journée du 21 mars, la mortalité semble stagner autour de 700 morts quotidiens ce qui laisse entrevoir un ralentissement prochain de l’épidémie.

Optimisme mesuré en Italie

Attilio Fontana, gouverneur de Lombardie, la région la plus touchée par l’épidémie (4 475 décès), fait preuve d’un optimisme mesuré : « Le ralentissement de la croissance des cas est constant, c’est très important, mais il ne faut absolument pas lâcher prise ». Mais des voix discordantes se font entendre. Plusieurs élus locaux accusent les autorités de minimiser le nombre de morts.

D’autres s’inquiètent d’une future hécatombe dans le sud du pays, pour l’instant relativement épargné par l’épidémie, mais plus pauvre et moins bien doté en infrastructures sanitaires. « Ma région va vivre dans les dix prochains jours un véritable enfer » s’inquiète Vincenzo de Luca, gouverneur de la Campanie. L’Italie est désormais en confinement depuis plus de 15 jours. Le Président du Conseil Guiseppe Conte a d’ores et déjà annoncé que le dispositif resterait en vigueur au-delà de la date butoir initiale du 3 avril.

Confinement militaire en Afrique du Sud

Comme l’Italie, l’Espagne (3 600 morts), l’Iran (2 100 décès) et la France (1 300 morts) subissent l’épidémie de plein fouet. Au Royaume-Uni, Boris Johnson est devenu le premier chef de gouvernement testé positif au Covid-19. Pour d’autres pays encore relativement épargnés, les mesures de lutte contre la propagation du coronavirus entrent à peine en vigueur.

Ce jeudi, l’Afrique du Sud a vécu son premier jour d’un confinement qui doit durer au moins trois semaines. Un dispositif particulièrement strict puisque les sud-africains ne peuvent sortir de chez eux que pour acheter des denrées alimentaires et travailler, seulement si leur emploi est indispensable. L’armée patrouille dans les rues du pays et le président Cyril Ramaphosa n’apparait désormais plus que sanglé de son uniforme militaire.

En Russie, au lendemain de l’annonce de premières mesures par le président Vladimir Poutine (semaine chômée, report du référendum…), le Kremlin a annoncé la fermeture des bars, restaurants et cinéma. La mise en place d’un confinement similaire à celui en vigueur dans le reste de l’Europe n’est probablement qu’une question de jours. Un hôpital de campagne est actuellement en construction à Moscou.

Retour à la normale prudent en Chine

Partout dans le monde, la réponse économique s’organise, mais à des vitesses différentes. Alors qu’un plan de relance de 2 000 milliards de dollars (!) est en passe d’être adoptée par le Congrès américain, l’Union Européenne s’est, elle, donnée 15 jours pour adopter une réponse économique commune. Au cours du sommet européen de jeudi, organisé en visioconférence, l’Italie et l’Allemagne se sont opposés sur la question d’un renforcement de la solidarité budgétaire européenne.

En ces temps difficiles, c’est vers la Chine qu’il faut se tourner pour avoir quelques bonnes nouvelles. Premier pays touché par la pandémie, l’Empire du milieu commence à voir le bout du tunnel. Dans la province de Hubei, la quarantaine a été levée. Seule la ville de Wuhan, berceau de l’épidémie, reste confinée. Selon les autorités, tous les nouveaux cas recensés dans le pays sont des sujets importés.

QH

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Vos réactions (1)

  • En Chine, le confinement, c'est le confinement !

    Le 27 mars 2020


    A la descente d'avion:
    -si toux ou température: hospitalisation d'office !
    -si rien: confinement à l’hôtel pour les étrangers et probablement pour les Chinois, à leur frais, 100 à 300 euro/personne selon l’hôtel réquisitionné! Et les portes sont scellées! En cas de sortie, dénonciation et (…) en prison!

    Le confinement ne connait les régimes politiques, totalitaires ou démocratiques, il faut y passer et le plus vite et le plus sérieusement possible !

    Dr Jean-Paul Vasse

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