Italie : les enfants non-vaccinés interdits d’école

Rome, le 14 mars 2019 - Depuis le 11 mars dernier, les enfants non-vaccinés de moins de 6 ans ne sont plus admis dans les écoles italiennes. Une législation draconienne qui est le fruit d’un revirement total du gouvernement italien.

Alors que l’Italie est victime, comme d’autres pays européens, d’une recrudescence des cas de rougeole, le pays a adopté une mesure drastique pour lutter contre le mouvement anti-vaccination. Depuis le 11 mars dernier et l’entrée en vigueur de la loi dite "Lorenzin" (du nom de Béatrice Lorenzin, ministre de la santé), les enfants de moins de 6 ans dont les parents n’ont pas pu présenter la preuve de leur vaccins obligatoires (dont la rougeole, la varicelle, la polio et les oreillons) ne sont tout simplement plus admis dans les écoles italiennes.

Selon les chiffres du gouvernement, au 11 mars, 5 000 enfants n’ont pas pu présenter la preuve de leur vaccinations et 300 ont été refoulés. Pour les enfants de 6 à 16 ans, si aucune exclusion n’est prévue, les parents peuvent cependant se voir infliger une amende de 500 euros.

Des antivax passés à l'ennemi !

Cette nouvelle législation est le fruit d’un revirement total de la coalition formée par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, au pouvoir en Italie depuis juin dernier. Durant la campagne électorale, les deux partis avaient défendu une position anti-vaccin : le président de la Ligue et désormais ministre de l’Intérieur Matteo Salvini avait notamment jugé que la loi de 2017 sur la vaccination obligatoire était « inutile et dangereuse ». Le nouveau gouvernement avait ensuite annoncé, par l’intermédiaire du nouveau ministre de la santé Giulia Grillo, vouloir mettre en place une obligation vaccinable « flexible » moins contraignante.

Mais tout a changé en janvier dernier quand Beppe Grillo, le fantasque leader du Mouvement 5 étoiles, a fait revirer la ligne du parti en signant le "pacte pour la science" du Professeur Roberto Burioni, s’engageant ainsi à combattre les pseudo-sciences et la désinformation médicale. Si des dissensions subsistent toujours au sein de la majorité, le gouvernement défend désormais une position pro-vaccination et espère que sa nouvelle mesure fasse passer la couverture vaccinale de 80 % actuellement à 95 %, soit le niveau de l’immunité collective qui écarte tout risque d’épidémie.

L’Italie est donc désormais à la pointe du combat contre les antivaccins…jusqu’au prochain revirement de ses dirigeants.

Quentin Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Bravo !

    Le 16 mars 2019

    Enfin un gouvernement qui a des c... !

    Dr F.chassaing

Réagir à cet article