Japon : le gouvernement s’attaque au prix des médicaments

Paris, le mercredi 11 janvier 2017 - A l’instar de nombreux autres pays développés, le Japon s’inquiète de l’inflation des coûts de santé liés à la politique de prix exponentiels pratiqués par l’industrie pharmaceutique. Son Premier ministre, Shinzo Abe, a ainsi annoncé que le pays allait désormais réexaminer le prix des médicaments une fois par an, au lieu d’une fois tous les deux ans jusqu’à présent. En plus de ce cadencement resserré, le plan prévu par le gouvernement autorise désormais les autorités compétentes à passer en revue l’ensemble des médicaments vendus sur ordonnance, élargissant ainsi une évaluation qui se contentait jusqu’alors de n’évaluer que les traitements qui revenaient plus chers que leurs équivalents à l’étranger.

Après un premier plan lancé en 2013 qui avait pour objectif d’augmenter significativement la part des génériques dans le panier de soins global et une baisse du prix de ces derniers qui est passé, en avril 2016, de 60 à 50 % du prix du princeps, le gouvernement s’est attaqué aux prix de certaines spécialités particulièrement onéreuses. Celui de l’Opdivo, indiqué dans le traitement du mélanome et développé par Bristol Myers Squibb, a ainsi été divisé par deux à la fin de l’année dernière et celui du Sovaldi, le traitement contre l’hépatite C du laboratoire Gilead a également été revu à la baisse.

Plus de 1,5 milliard d’euros d’économies annuelles

En 2015, le Japon a dépensé 7 900 milliards de yens (65 milliards d’euros) en remboursements des médicaments prescrits, soit plus de 20 % de son budget dédié aux remboursements de santé. C’est 5 points de plus que la France où le médicament représente à peu près 15 % des remboursements de l’Assurance maladie du régime général. Grâce à ces nouvelles mesures, les conseillers de la primature japonaise estiment que le pays sera en mesure d’économiser environ 190 milliards de yens tous les ans, soit plus de 1,5 milliard d’euros.

Troisième marché mondial pour les médicaments avec prescription derrière les Etats-Unis et la Chine, le Japon tente par tous les moyens de freiner l’inflation galopante de son budget consacré à la santé dont la part est passée, en l’espace de 20 ans, de 6,5 à plus de 10 % du PIB du pays. Du côté industriels de la pharmacie, la réaction ne s’est pas faite attendre et nombreux sont ceux qui font valoir que cette nouvelle incertitude tarifaire aura pour effet de freiner l’innovation.

Benoît Thelliez

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