La Corse a eu chaud

Ajaccio, le mardi 13 février 2018 - Difficile de s’en souvenir en plein hiver, mais on a vraiment eu chaud ! C’était l’été dernier… Et commet cela reviendra, le retour d’expérience que vient de proposer l’ARS de Corse sur l’organisation des acteurs de santé lors de la canicule 2017 ne manque pas d’intérêt.

Deuxième été le plus chaud en France depuis 1900, l’été 2017 a vu en Corse des valeurs de températures de 3° supérieures à la moyenne de saison. Associée au vent et à des précipitations particulièrement basses, la chaleur a également favorisé les incendies. L’île a tenu bon – en tous cas les humains – mais c’était « chaud » : l’analyse présentée par l’ARS précise les points à renforcer pour les prochaines saisons.

Quatre alertes

En France, le plan canicule est défini par des indicateurs dits biométéorologiques (IBM) qui reflètent les températures moyennes diurnes et nocturnes sur trois jours. Comme pour le froid ou la neige, des niveaux de vigilances définissent les actions à mettre en place. Trois niveaux existent pour la chaleur : la vigilance jaune (vague de chaleur, on frôle les IBM), orange (canicule avec IBM atteints nuit et jour) et rouge (canicule aggravée avec effets collatéraux).

L’été dernier, trois vagues de chaleur et un épisode de canicule ont touchés la Corse. Les indicateurs généralement utilisés pour analyser les conséquences sanitaires, comme pour  la grippe ou le froid, sont les décès toutes causes confondues et les passages aux urgences (ou chez SOS médecins). L’augmentation nette de ces items entre début juillet et début aout … ne reflète rien d’autre que la présence des touristes. Même dans les établissements de santé ou d’hébergement de personnes âgées, aucun impact n’a été signalé.

Radiothérapie menacée

L’ARS se félicite du bon fonctionnement du plan canicule qui prévoit le rappel des consignes de prévention et leur reprise par les média. Un seul point d’achoppement a été signalé : si les appareils humains ont tenu, les électriques beaucoup moins. Très sollicités, de nombreux systèmes de refroidissement d’établissement de santé ont lâché et les réparations n’ont pas toujours été rapides. La catastrophe a été frôlée lorsque un appareil de radiothérapie n’a plus tenu qu’à un fil (une pompe à chaleur sur 3), menaçant le traitement de 70 patients.

Maintenance et contrats d’intervention pour les climatiseurs, groupes électrogènes, systèmes de repli en cas de panne prolongée, procédures internes actualisées avec personnels « suffisamment robustes » devront donc faire l’objet, selon l’ARS,  d’une attention particulière. D’autant plus que des incendies peuvent menacer les personnes et provoquer des coupures. Bref, l’été en Corse, c’est chaud aussi pour les acteurs de santé.

Dr Blandine Esquerre

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