La France durcit ses contrôles aux frontières

Paris, le lundi 18 janvier 2021 – Depuis ce lundi, les personnes entrant en France et arrivant de pays hors Union Européenne devront disposer d’un test PCR négatif datant de moins de 72 heures. Un renforcement des contrôles qui arrive trop tard pour l’opposition.

L’épidémie secoue les idéologies et oblige les gouvernants à prendre des mesures qu’ils auraient honnies en temps normal. Après s’être converti au dirigisme économique et à l’Etat providence, notre gouvernement libéral doit désormais mettre en place un autre type de décision qui sort de son logiciel idéologique : les contrôles aux frontières. Parmi les nombreuses nouvelles restrictions annoncées par le Premier ministre Jean Castex jeudi dernier, le durcissement des contrôles frontaliers entre en vigueur ce lundi. L’objectif est de « réduire drastiquement les flux frontaliers » a expliqué le chef du gouvernement, afin notamment de lutter contre la propagation des nouveaux variants britannique, sud-africain et brésilien.

Pas de contrôle au sein de l’Union Européenne pour le moment

Dans le détail, tout sujet en provenance d’un pays hors de l’Union Européenne devra désormais être muni d’un test PCR négatif effectué dans les 72 heures précédentes pour entrer en France. Il leur sera en outre demandé de s’engager sur l’honneur à s’isoler d’eux-mêmes pendant 7 jours, mais cet engagement ne sera pas juridiquement contraignant. Seules les personnes provenant de pays où il est matériellement impossible de se faire tester devront être obligatoirement testées et isolées à leur arrivée dans l’hexagone. Par comparaison, au Royaume-Uni depuis ce lundi, un test négatif et un isolement de 10 jours sont obligatoires pour tous les entrants dans le pays.

A l’intérieur de l’Union Européenne, les déplacements restent pour l’instant totalement libres. Mais des concertations sont actuellement menées afin de mettre en place des contrôles, notamment avec les pays où le variant britannique est le plus actif, comme l’Irlande et le Danemark. Un protocole commun devrait être rendu public lors du conseil européen de jeudi prochain. Des exceptions devraient être prévues pour les travailleurs transfrontaliers et les transporteurs routiers (comme si ces sujets ne pouvaient être contaminés par le virus !). Pour rappel, au cours de la première vague, les frontières externes de l’Union avaient été totalement fermées du 17 mars au 15 juin.

Avant ces annonces du Premier Ministre, trois cas devaient être distingués concernant les contrôles frontaliers. Les personnes en provenance de l’Union Européenne et de pays jugés surs, comme le Japon ou l’Australie, n’étaient soumis à aucune restriction. A l’inverse, ceux arrivant des régions les plus durement touchés par l’épidémie, comme les Etats-Unis ou Israël, devaient se munir d’un test PCR négatif de moins de 72 heures. Pour tous les autres pays, situés dans une zone intermédiaire, un test réalisé à l’arrivée et une attestation sur l’honneur de ne pas présenter de symptômes du Covid-19 suffisait.

Une réticence idéologique à contrôler les frontières ?

L’annonce de ce durcissement des contrôles aux frontières a été saluée par l’opposition de droite et d’extrême-droite, qui l’appellent de ces vœux depuis plusieurs mois. Le président LR du Sénat Gérard Larcher s’est ainsi dit favorable à des contrôles systématiques, y compris à l’intérieur de l’Union Européenne. La présidente du Rassemblement National Marine Le Pen a également regretté la frilosité du gouvernement sur cette question, alors qu’elle demande des contrôles renforcés aux frontières depuis le mois de janvier 2020.

Il semble en effet que l’exécutif soit particulièrement réticent depuis le début de l’épidémie à prendre des mesures de ce type. Le 12 mars dernier, le Président de la République Emmanuel Macron avait ainsi déclaré que « le virus n’avait pas de passeport » avant de se résoudre quelques jours plus tard à fermer nos frontières nationales. Force est de constater pourtant que c’est sans doute en partie grâce à une politique stricte de contrôle aux frontières que de nombreux pays d’Extrême-Asie et d’Océanie ont su juguler l’épidémie.

Nicolas Barbet

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