La HAS plaide pour l’harmonisation des compétences vaccinales antigrippales des professionnels de santé

Paris, le mardi 14 août 2018 – La commission technique des vaccinations de la HAS (Haute autorité de santé) a été saisie par la direction générale de santé afin d'établir l'intérêt et les conditions d'une extension des compétences vaccinales des infirmiers, des sages-femmes et des pharmaciens. Elle a rendu public, la semaine dernière, ses conclusions sur la question de l’immunisation antigrippale avant de publier, en 2019, un second document sur l’ensemble des vaccins.

En introduction, prenant les syndicats infirmiers à contrepied, la HAS estime que le bilan des expérimentations de la vaccination en pharmacies d'officine dans deux régions « indique (…) une très bonne acceptabilité et satisfaction de la part des publics adultes concernés, sans signal de sécurité particulier, et une adhésion forte des pharmaciens à se former et à s'investir dans la campagne vaccinale ». En outre, elle estime que les données de la littérature et les nombreux exemples étrangers font considérer « qu'une harmonisation des compétences entre professionnels de santé en matière vaccinale apparaît justifiée ».

Les pharmaciens, sages-femmes et infirmiers doivent pouvoir primo-vacciner les adultes contre la grippe

Pour la HAS « il n'apparaît pas pertinent de restreindre la prescription et la pratique de la vaccination contre la grippe saisonnière par les infirmiers et les pharmaciens aux seuls adultes ayant déjà été vaccinés antérieurement ». Elle recommande donc « que la vaccination puisse être proposée et réalisée par les sages-femmes, infirmiers et, à ce stade, par les pharmaciens participant à l'expérimentation, sans prescription médicale préalable, à tous les individus dès lors qu’ils sont éligibles aux recommandations vaccinales. Seuls les individus ayant présenté une réaction anaphylactique sévère à l'ovalbumine ou toute réaction anaphylactique sévère lors d'une précédente injection doivent être orientés en milieu spécialisé pour recevoir une vaccination anti-grippale ».

De plus, la HAS fait valoir que « tous les professionnels de santé habilités à vacciner devraient être en capacité de vacciner tout individu qui en fait la demande à titre individuel qu'il appartienne ou non aux populations ciblées par les recommandations vaccinales ».

Traçabilité : la clef de voute qui pourrait faire s’effondrer le bel édifice ! 

La HAS souligne que  « si les compétences en matière de vaccination des infirmiers, des sages-femmes et des pharmaciens participant à l'expérimentation devaient être élargies en France, il apparaît nécessaire que l'information sur l'acte vaccinal soit partagée entre l'ensemble des professionnels de santé avec la date, le nom du vaccin, son numéro de lot et l'identification du professionnel de santé vaccinateur. Il paraît en effet souhaitable d'éviter toute nouvelle vaccination chez un individu déjà vacciné ». Pour ce faire, la HAS préconise d'opter pour un outil unique de traçabilité informatisé et partagé entre professionnels de santé.

La mise en place d’un tel système pourrait d’ailleurs constituer la principale difficulté, quand on sait que les professionnels de santé attendent le dossier médical partagé depuis 10 ans… La HAS ne l’ignore pas puisqu’elle met en avant « que la multiplicité actuelle des supports de traçabilité existants (carnets de santé, carnet de maternité, dossier médical personnel, dossier pharmaceutique, carnet de vaccination électronique) n'est pas de nature à favoriser une traçabilité efficace pour l'usager et les professionnels et à éviter une complication de leurs tâches ».

Gageons que si ces propositions sont appliquées et étendues à tous les vaccins, elles pourraient constituer une petite révolution…

Frédéric Haroche

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