La moitié des pharmaciens aurait déjà vendu un « objet connecté »

Paris, le lundi 7 juillet 2014 – Les objets connectés et les applications dédiés à la santé connaissent un succès croissant, sur lequel surfent de nombreux industriels. Dans le domaine de la dispensation des médicaments, on a ainsi vu fleurir plusieurs piluliers « connectés ». Ces dispositifs permettent d’alerter le patient en cas d’oubli d’un comprimé ou d’une gélule ou au contraire de prévenir la surconsommation, ce qui contribuerait à renforcer l’observance. La société Medissimo à l’origine du pilulier français Imedipac affirme ainsi que son système permet de faire passer le taux de bonne observance de 61 à 97 %.

Des systèmes utiles et même nécessaires aux yeux de 53 % des pharmaciens

Quel est le regard des pharmaciens sur ces objets connectés, outils qui pourraient, outre la sécurisation de la dispensation des médicaments, leur permettre de voir renforcer leur rôle auprès des patients et d’améliorer leurs liens avec les autres professionnels de santé ? Existe-t-il une défiance des officinaux à l’instar de l’hostilité marquée à l’égard de la vente en ligne ? Une enquête menée auprès de 100 pharmaciens pour les sociétés Direct Medica et Medappcare met en évidence que les objets connectés ont bien meilleure presse auprès des pharmaciens, même si une certaine réserve est de mise. Ce « baromètre » paru dans le mensuel « Bien être et santé » révèle ainsi que 53 % des pharmaciens considèreraient que les objets connectés sont nécessaires et apportent un véritable bénéfice aux patients. La proportion d’officinaux enthousiastes atteint même jusqu’à 66 % quand on leur demande s’ils seraient prêts à vendre ce type de dispositifs. D’ailleurs, la moitié des pharmaciens interrogés assure avoir déjà proposé dans leur officine un objet connecté dédié à la santé.

Vers un nouveau monopole ?

Cette proportion déjà très importante (mais qui ne reflète peut-être pas parfaitement la réalité du réseau officinal français) montre combien les pharmaciens ont le sentiment que les objets connectés sont amenés à devenir (s’ils ne le sont pas déjà) un champ « médical » non seulement à investir mais aussi à sécuriser. Ils sont ainsi 36 % à juger que les objets connectés santé devraient se trouver majoritairement en pharmacie et sont uniquement 3 % à juger qu’ils pourraient avoir leur place dans les grandes-surfaces : on le voit, la défiance des officinaux à l’égard de la grande distribution va bien au-delà des seuls médicaments ! On retiendra par ailleurs que seuls 2 % des officinaux estiment que les objets connectés ne sont pas des dispositifs répondant aux critères des produits commercialisables en pharmacie.

Sécurisation des données : des pharmaciens vigilants

Les objets connectés et les applications associées ne sont pas, on le sait, sans soulever quelques interrogations éthiques, sur lesquelles une réflexion est actuellement menée par la Commission nationale informatique et liberté (CNIL). Ces questions concernent en particulier l’utilisation des informations médicales qui « transitent » sur différents serveurs via ces dispositifs. Cet enjeu n’a pas échappé aux pharmaciens qui sont 53 % à indiquer avoir pas ou peu confiance en la sécurisation des données recueillies par les objets dédiés à la santé.

Aurélie Haroche

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