La profession infirmière se mobilise et s’invite dans la campagne présidentielle

Paris, le mardi 7 mars 2017 - Dans la continuité des mobilisations des 8 novembre et 24 janvier dernier, seize syndicats infirmiers organisent, ce mardi, une journée de grève unitaire. À Paris, le rassemblement part de la place Denfert-Rochereau, pour se diriger avenue de Ségur et rejoindre l'Assemblée nationale. Au total, des manifestations auront lieu dans une quarantaine de ville.

Rappelons qu’après le mouvement de novembre, Marisol Touraine, ministre de la Santé, avait présenté un plan pour l'amélioration de la qualité de vie des hospitaliers qui  prévoit d’affecter 30 millions d'euros au déploiement de services de santé au travail, intégrant des psychologues et assistants sociaux, dans chaque GHT (groupement hospitalier de territoire).

Les raisons de la colère

Cette (timide) avancée est jugée insuffisante et parfois même incohérente par l’intersyndicale qui continue de déplorer le « manque de personnels et de moyens », l’« épuisement professionnel »,  la course « à la rentabilité » et plus généralement une perte de sens.

Plus précisément, elle réclame l'abandon des GHT, du plan triennal d'économies de 3,5 milliards d'euros ou encore l'arrêt des fermetures de lits. Elle fustige également la remise en cause des 35 heures alors que « les comptes épargne-temps explosent ».

Résumant les inquiétudes, Thierry Amouroux du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) explique : « on est dans des processus industriels, avec des patients qui deviennent des clients, or l'hôpital est le règne de l'imprévisibilité. Aucun patient ne réagit comme c'est écrit dans un tableau Excel ».

Ce que doit faire le prochain président pour les infirmiers

Outre les revendications du jour, l’intersyndicale a formulé ses doléances à destination des candidats à l’élection présidentielle.

Elle propose en premier lieu « un moratoire sur les plans d’économies » et la révision du « système de financement hospitalier en incluant la pertinence et la qualité du soin ». Elle appelle également à la mise « en adéquation les effectifs à la charge de travail réelle ».

Sur le plan du bien-être des soignants, elle demande de les faire bénéficier « d’un suivi médical attentif » et que leur sécurité devienne une priorité, en mettant en œuvre dans les « secteurs vulnérables » « des dispositifs de prévention, d’alerte et de surveillance spécifiques ».

Concernant l’organisation des soins il est suggéré d’« impliquer les infirmières libérales dans l’organisation de la permanence des soins ambulatoires », la création d’« une consultation infirmière d’urgence en ville » et l’instauration d’« une cotation pour la réponse aux appels d’urgence et l’intervention infirmière, en cas d’absence médicale le soir ou les week-ends ». Toujours à ce chapitre elle souhaite « faire des soins de ville libéraux la filière naturelle du retour à domicile, après une hospitalisation » et que l’hospitalisation à domicile  soit désormais réservée à « des cas limités et selon un référentiel » qui reste à établir. 

Concernant la formation, il est exigé la mise « en place des spécialisations en santé mentale, en santé au travail et à l’Education nationale (niveau Master) » et à la reconnaissance de « l’ensemble des spécialités actuelles au niveau Master ».

Frédéric Haroche

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