Lactalis pointé du doigt par un rapport de la répression des fraudes

Paris, le vendredi 15 février 2019 - Le Service National d’enquête (SNE) de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a remis son rapport sur le scandale des laits en poudre Lactalis, contaminés par des salmonelles. Un rapport, dévoilé par l’hebdomadaire Marianne, qui mettrait en lumière les défaillances de la société dans le contrôle sanitaire de ses produits.

Le 1er décembre 2017, après un signalement de l’Institut Pasteur, le ministère de la Santé informe la DGCCRF que 20 bébés ont été contaminés par des salmonelles au cours des trois derniers mois. Rapidement, l’enquête révèle que les enfants ont été exposés à la bactérie en consommant du lait en poudre produit par Lactalis. Commence alors un scandale sanitaire d’ampleur, qui conduit au rappel de plusieurs centaines de lots de produits Lactalis et à la fermeture de l’usine incriminée de la société, à Craon en Mayenne.

Plus d’un an après le dévoilement du scandale, la DGCCRF a remis son rapport sur l’affaire au juge Jean-Luc Gadaud, chargé d’une instruction pour tromperie, blessures involontaires et inexécution des procédures de rappel. Ce rapport souligne les importantes défaillances de Lactalis dans le contrôle sanitaire de ses produits. La société et son laboratoire d’analyses Eurofins avaient en effet effectué 11 000 tests sur les produits de l’usine de Craon en 2017 sans jamais détecter la présence de salmonelle. Il semble que le laboratoire utilisait la technique du test sur gélose, dont les limites sont connues et a attendu le début du scandale pour utiliser le protocole bien plus efficace de la mise sous culture pendant 96 heures.

Manque flagrant de transparence

Le rapport dénonce également le manque de coopération criant dont a fait preuve Lactalis vis-à-vis des autorités sanitaires au début de la crise. La société a en effet initialement affirmé que seuls 12 lots étaient contaminés, bien loin des 620 qui seront finalement rappelés. Par ailleurs, tout au long de la crise, Lactalis a communiqué les informations demandées par les autorités au compte goutte, données qui comprenaient souvent des omissions et erreurs flagrantes. Au finale, le SNE déplore « une volonté de dissimuler certaines informations aux autorités de contrôle ».

Autre élément troublant de l’enquête, le juge a reçu une lettre anonyme, versée au dossier, émanant d’une femme se présentant comme une ancienne technicienne du laboratoire Eurofins, qui dénonce « le non-respect des méthodes », voire des bidouillages. Lactalis a déposé plainte pour X tandis qu’Eurofins dit vouloir « réserver ses explications à l’autorité judiciaire ».

Quentin Haroche

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