L’AHA et le CDC dénoncent la e-cigarette

Dallas, le mardi 26 août 2014 – Par un avis publié dimanche sur son site internet, l'American Heart Association (AHA) vient de lancer un appel pour une stricte réglementation des cigarettes électroniques dont l'interdiction de vente aux mineurs et une limitation des publicités. Le CDC (Center for Disease Control) a fustigé quant à lui lundi la dangerosité d’un produit qui favoriserait le passage à la cigarette traditionnelle.

Pour l’AHA, cigarette traditionnelle  et électronique : même combat

Pour établir ses recommandations l'American Heart Association s’est basée sur une revue de la littérature réalisée par 10 chercheurs sous l’égide de Aruni Bhatnagar (Université de Louisville dans le Kentucky).

La e-cigarettes est tout d’abord déclaré dangereuse par l’institution car elle cible les jeunes et peut installer une dépendance à la nicotine, et menace de « re-normaliser » l'usage du tabac, ce produit étant présenté comme « cool et sexy » par les fabricants. 

Pour l’organisation, l’e-cigarette, contenant de la nicotine, devraient être soumise aux lois qui s'appliquent aux produits du tabac. L'AHA recommande ainsi des lois strictes pour réduire le marketing et les publicités qui ciblent les jeunes et se positionne contre l'utilisation d'arômes dans ces cigarettes. Elle presse aussi la FDA (Food and Drug Administration) de finaliser les réglementations fédérales d'ici la fin de l'année prévenant que « tout délai supplémentaire aura des conséquence sur la santé publique ».Notamment en raison de la  présence de produits chimiques potentiellement toxiques, rappelant en outre que les fabricants peuvent ne pas divulguer tous les ingrédients utilisés.

« Au cours des 50 dernières années, 20 millions d'Américains sont morts à cause du tabac. Nous sommes farouchement déterminés à empêcher l'industrie du tabac d’entraîner à la dépendance une autre génération », a résumé Nancy Brown, présidente de l'American Heart Association.

« La nicotine est un produit chimique dangereux et très addictif, peu importe la forme qu'elle prend » a renchéri Elliott Antman, de l’Harvard Medical School

La remise en cause des « bienfaits » de l’e-cigarette

Les données actuellement disponibles et généralement admises suggèrent que les e-cigarettes semblent être moins nocives que les cigarettes traditionnelles et qu’elles permettent, dans certains cas d’aider à l’arrêt du tabagisme.

Quant à la faible dangerosité de la cigarette électronique, l’AHA demeure sceptique, faisant valoir que ces observations sont fondées sur un nombre limité de travaux sans résultats à long terme. « Il est essentiel de rigoureusement examiner l'impact à long terme de cette nouvelle technologie sur la santé publique, les maladies cardiovasculaires et les accidents vasculaires cérébraux et plus particulièrement sur les adolescents », souligne le Pr Aruni Bhatnagar.

En ce qui concerne le sevrage, elle recommande d’utiliser avec une grande prudence la cigarette électronique, qui n’est qu’un pis allé permettant uniquement de « reporter l’abstinence » et qui ne doit être utilisé qu’avec l’aide d’un professionnel de santé.

En conclusion, l’AHA craint que l’apparition de la cigarette électronique, loin d’annoncer la fin du tabagisme comme l’espère certains « érode des décennies de travail » contre le tabac.

Le CDC en embuscade

Le 25 août s’était au tour du  (CDC) d’Atlanta de s’en prendre à ce produit.

S’appuyant sur une étude publiée dans la revue Nicotine and Tobacco Research, le CDC s’est déclaré « très préoccupé par l'utilisation de la nicotine chez les jeunes, indépendamment du fait qu'il vient de cigarettes classiques, d’ e-cigarettes ou d'autres produits du tabac », par la voix de Tim McAfee, Directeur du Bureau du CDC sur le tabagisme et la santé.

Cette étude montre que 263 000 collégiens américains, qui n'avaient jamais fumé, ont utilisé une cigarette électronique en 2013, contre 79 000 en 2011 et que ces jeunes sont aussi deux fois plus susceptibles de passer à la cigarette classique, avec 43,9 %  ayant l'intention de fumer des cigarettes traditionnelles dans l'année contre 21,5 % des non-fumeurs n'ayant jamais utilisé une cigarette électronique.

Et au CDC de se faire conseiller éducatif : « Le nombre croissant de jeunes qui utilisent l'e-cigarette devrait être une préoccupation pour les parents et la communauté», a ainsi déclaré Rebecca Bunnell, directeur adjoint du même bureau et principal auteur de l'étude.

Autant de recommandations et d’avertissements qui ne manqueront pas d’être discutées au congrès de la Société Européenne de cardiologie (ESC) dont les sessions débuteront à Barcelone le 30 août prochain.

FH

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Vos réactions (3)

  • La cig-arrête

    Le 26 août 2014

    L'e-cigarette est un formidable outil pour le sevrage tabagique des fumeurs, chez lesquels elle atténue grandement les risques liés au tabac et permet d'envisager une libération progressive de l'addiction nicotinique.
    Il est néanmoins évident que son usage, dans ce contexte, doit se faire de manière rigoureusement encadrée par un professionnel de santé.
    Et il s'ensuit que sa production et sa distribution doivent être très rigoureusement encadrée, comme produit de santé.
    PR

  • Machine arrière ?

    Le 26 août 2014

    Après avoir demandé aux pharmaciens de ne pas en vendre, faute de recul quant à leur innocuité, mais autorisé cette vente en totale liberté et laisser exploser le marché, on semble s'inquiéter des risques.... Une leçon ?
    Dominique Douay

  • Haro sur la e-cig

    Le 07 septembre 2014

    Le CDC a-t-il été acheté par big tobacco? Il ferait mieux de dénoncer le danger scientifiquement établi de la cigarette tradition (première cause de décès et cause évitable) que de critiquer sans aucune preuve la e-cig ,celle ci est en train de sauver de nombreux fumeurs mais dérange donc les cigarettiers qui vendent moins de leur saloperies et voient leurs profits diminuer,l'état complice du crime vit lui aussi ses bénéfices diminuer : c'est intolérable, donc haro sur la e-cig!

    Dr Pierre Rouzaud

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