Lancement d’une énième enquête sur la perception du tabac

Paris, le mercredi 24 août 2016 – La dénonciation constante de ses méfaits, sa démystification et son interdiction dans de nombreux lieux ont-ils réussi à diaboliser totalement le tabac aux yeux des Français ? Dans cette lignée, quel impact aura sur eux l’introduction du paquet neutre et les autres mesures destinées à renforcer la marginalisation de ce produit nocif ? Les chiffres de la consommation semblent jusqu’alors marquer l’absence d’effet significatif de ces différentes actions : le tabac ne recule nullement en France.

Quelles sont les raisons de cet échec et comment les Français perçoivent aujourd’hui le tabac : telles sont les interrogations centrales d’une enquête qui doit être menée par l’équipe de recherche en épidémiologie sociale (ERES) de l’INSERM.

Déterminants sociaux

Habituellement, le lancement de ce type de travaux qui doit reposer sur l’interview téléphonique de 6 000 personnes (deux années de suite) ne bénéficie pas nécessairement de ce type de publicité. Si l’INSERM a choisi une telle médiatisation c’est pour s’assurer du succès de son entreprise. « Pour des raisons scientifiques, il est important que chaque personne sélectionnée accepte de répondre », insiste-t-il en effet dans son communiqué d’annonce. L'institution souhaite notamment pouvoir se reposer sur une bonne représentativité de la société française, à l’heure où les déterminants sociaux ont un impact certain sur le tabagisme et sur l’appropriation des messages de santé publique. Cet axe de recherche est au cœur de toute la démarche de l’ERES dont l’objectif général est « de mieux connaître les différents facteurs et processus qui peuvent constituer des causes ou des conséquences des inégalités sociales de santé dans une approche populationnelle ».

Questions fumeuses ?

Outre cette lecture sociale, l’accent devrait également être mis sur la perception du paquet neutre, mais aussi du « mois sans tabac » dont la première édition en France aura lieu en novembre, époque du déroulement de la première phase de l’étude. L’attention sera également portée aux plus jeunes : sur les 6 000 personnes interrogées, 2000 devront être âgés de 12 à 17 ans. L'élévation de la consommation du tabac chez les adolescents a inspiré cette approche alors que les questions d’image sont prédominantes à cette époque de la vie.

Si le but affiché de cette grande enquête est l’affinement des politiques de santé publique, beaucoup doutent de son utilité, d’autant plus que la cigarette électronique, phénomène marquant dans le champ du tabagisme ces dernières années, pourrait n’être évoquée que de manière marginale.

Aurélie Haroche

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