L’ANSES recommande (à nouveau) la fin des cabines de bronzage

Paris, le mercredi 10 octobre 2018 – Déjà en 2014, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) considérait que les réglementations mises en œuvre pour limiter l’accès aux UV artificiels étaient « une réponse partielle et insuffisante au regard du risque » et jugeait nécessaire à « terme » la « cessation » d’activité des cabines de bronzage. Aujourd’hui, elle ne se démarque nullement de cette position et la renforce dans un avis qui vient d’être publié où elle recommande clairement « aux pouvoirs publics de prendre toute mesure de nature à faire cesser l’exposition de la population aux UV artificiels émis par les cabines de bronzage à des fins esthétiques ».

Un risque augmenté en cas d’utilisation dans la jeunesse

Un avis aussi tranché se justifie par des données médicales et scientifiques sans équivoque quant à la dangerosité des UV artificiels et leur implication dans la survenue  de cancers cutanés et en particulier de mélanome. « Les personnes ayant eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l’âge de 35 ans augmentent de 59 % le risque de développer un mélanome cutané. En France, il a été estimé que 43 % des cas de mélanomes chez les jeunes pouvaient être attribués à une utilisation des cabines de bronzage avant l’âge de 30 ans » relève ainsi l’ANSES. Une extrapolation réalisée par l’équipe de Mathieu Boniol (International PreventionResearch Institute) publiée en 2012 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire avait pour sa part estimé que 4,6 % des cas de mélanomes cutanés peuvent être attribués à l’utilisation des cabines de bronzage en France, provoquant entre 19 et 76 morts chaque année (sur un total d’environ 10 000 cas).

Aucun bénéfice et des réglementations impuissantes

Parallèlement, les bénéfices du soleil artificiel sont inexistants constate une fois encore l’ANSES. N’offrant aucune protection avant une exposition future au soleil, les UV artificiels ne contribuent pas plus à un « apport significatif de vitamine D », tandis qu’ils favorisent un vieillissement cutané accéléré, relèvent les experts. Face à ces risques majeurs, les réglementations paraissent dérisoires. D’abord parce que plusieurs enquêtes ont déjà mis en évidence la non-conformité de nombre de cabines installées en France, ensuite parce qu’il n’existe aucune « valeur limite d’irradiance » et aucune « dose » seuil qui puisse « être fixée pour protéger les utilisateurs ».

La toxicité avérée n’est pas toujours une promesse d’interdiction

Dès lors, alors qu’un consensus médical fort existe sur le sujet (l’Académie de médecine et les sociétés savantes de dermatologie se sont régulièrement prononcées en faveur de l’interdiction des cabines à UV, tandis que les lecteurs du JIM se déclaraient en faveur d’une telle mesure dès 2011), le gouvernement choisira-t-il de s’inscrire dans le sillage de l’Australie et du Brésil ? Si la commercialisation autorisée d’autres produits clairement néfastes et ne présentant aucun bénéfice pourrait nourrir la réflexion, le fait qu’aujourd’hui la fréquentation des cabines à UV est en berne pourrait conduire le gouvernement à une décision sans risque majeur.

Aurélie Haroche

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