Le carnet de santé de l’enfant bientôt dématérialisé ?

Paris, le mercredi 15 juin 2022 - « Même en faible quantité, l’alcool est un toxique pour tous, mais plus encore pour les enfants» peut-on lire sur les carnets des années 50, où deux pages seulement étaient consacrées aux vaccinations (BCG et variole en tête des obligations).

Le carnet de santé de l’adulte a vécu, par manque de succès. Rarement perdu en revanche, celui de l’enfant n’a cessé de s’épaissir au fil des ans : on envisage de le dématérialiser.

C’est dans cette perspective que le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a publié une proposition sur pas moins de 500 pages ! Il y précise les examens obligatoires et les recommandations en matière de prévention destinées aux parents, aux adolescents ainsi qu’aux professionnels.

Le HCSP propose un carnet dématérialisé en trois volets distincts : le carnet proprement dit, les recommandations pour les parents et les adolescents et enfin les informations destinées aux professionnels de santé.

L’avis détaille le contenu du carnet de santé dématérialisé pour les 20 examens (« obligatoires » depuis mars 2019, dont 8 n’étaient pas encore décrits). Cela débute par une meilleure préparation des parents à la consultation. Il est proposé de rajouter, entre autres, le statut vaccinal des parents et la qualité de leur interaction avec le bébé ou l'examen régulier des hanches. A chaque étape le médecin notera si l’enfant est à jour de ses vaccinations (y compris contre le méningocoque B) ou la demande d’avis spécialisé si l’examen est anormal.

La partie dédiée aux parents et aux adolescents contiendra des informations préventives contre les violences, les écrans ou les risques liés aux perturbateurs endocriniens, introduira le Nutriscore ou évoquera règles douloureuses et endométriose. Les professionnels s’y verront préciser les dépistages, des maladies congénitales aux troubles neuropsychiques jusqu’à la sédentarité.

Le numérique permet de tracer la courbe de croissance à chaque nouvelle pesée, calculer automatiquement l’indice de masse corporelle ou actualiser les recommandations ou les informations.

Beaucoup de remarques de bon sens dans cet avis, comme la nécessité de garder un format papier pour éviter les inégalités de santé, ou, sur la forme, de ne pas utiliser le terme « obligatoire » pour les examens mais plutôt « indispensables ».

Espérons que passés les 16 ans de l’enfant, les informations importantes (antécédents notables, allergies, vaccins) seront versées facilement dans le dossier numérique « Mon espace santé »… s’il a gardé ce nom d’ici-là, après les deux DMP - dossier médical personnel puis partagé.

Dr Blandine Esquerre

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