Le déploiement du « pancréas artificiel » provoque des remous entre officinaux et prestataires de soins à domicile

Paris, le lundi 20 septembre 2021 – C’est une révolution pour les patients souffrant de diabète… et comme toutes les révolutions, elle se fait dans la douleur.

Innovation de rupture

Diabeloop est devenu le premier « pancréas artificiel » à être accessible au remboursement après la parution d’un décret au journal officiel.

Diabeloop est un système d’administration de l’insuline en boucle semi-fermée, qui associe une pompe à insuline et un capteur CGM (un système classique de « boucle ouverte ») à un terminal de commande opérant un algorithme de contrôle de la glycémie. Il est réservé aux patients diabétiques de type 1 adultes dont l’équilibre glycémique préalable est insuffisant (taux d’HbA1c ≥ 8%), en dépit d’une insulinothérapie intensive bien conduite par perfusion sous-cutanée continue d’insuline (pompe externe) pendant plus de 6 mois, et d’une autosurveillance glycémique pluriquotidienne (≥ 4/j). Sur les 80 000 patients adultes aujourd’hui traités par pompe à insuline, 7000 sont susceptibles de pouvoir en bénéficier dans les trois prochaines années.

Qui doit former les patients ?

Compte tenu de la complexité de ce dispositif, les malades devront être formés au préalable et accompagnés régulièrement. Dans cette optique, une convention a été signée entre le Comité économique des produits de santé (CEPS) et les syndicats de pharmaciens d’officine.

Les prestataires de soins à domicile, se scandalisent, dans un communiqué commun que les officinaux aient été choisis pour initier les patients à Diabeloop.

Selon eux cela « met à mal la sécurité et la qualité des prises en charge des patients diabétiques qui en bénéficieront ». « La Fédération des prestataires de santé à domicile (FEDEPSAD) et l’Union des Prestataires de Santé à Domicile Indépendants (UPSADI) et le Syndicat national des associations d'assistance à domicile (SNADOM) sont contraints de lancer l’alerte sur les conséquences de cette décision. Lorsqu’une nouvelle technologie arrive, c’est à la fois une réelle opportunité pour les patients, mais aussi un véritable bouleversement qui nécessite un accompagnement et une surveillance, comme c’est le cas pour tous les dispositifs innovants » d’autant que « les études cliniques ont démontré que l’initiation nécessitait un accompagnement intensif, tant en termes d’appropriation du traitement que de gestion du matériel ».

Ces organisations dénoncent l’attitude du gouvernement qui aurait privilégié « la perspective de réaliser des économies à celle de garantir la qualité et la sécurité des patients ».

Aussi, les PSAD ne participeront pas au déploiement « d’un dispositif pour lequel les conditions de prise en charge ne répondent pas aux exigences de qualité et de sécurité ».

Ce communiqué indigne les pharmaciens de l’USPO* et de la FSPF** qui regrettent un document « particulièrement inadapté, rempli de contre-vérités qui remet en cause les compétences du réseau pharmaceutique et n’évoque que des problématiques financières, bien éloignées des intérêts des patients diabétiques ».

*USPO : Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine
** FSPF : Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France


X.B

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