Le gouvernement veut renforcer l’accès à la contraception et le dépistage des IST

Paris, le mercredi 21 septembre 2022 – Le ministre de la Santé François Braun a annoncé l’accès gratuit à la pilule du lendemain pour toutes les femmes et un dépistage gratuit des IST pour les personnes de moins de 26 ans. A l’heure où certains s’inquiètent des attaques contre le droit à l’IVG et à la contraception outre-Atlantique, le gouvernement entend renforcer le droit des femmes à disposer de leur corps. Dans une interview accordée au journal 20 minutes ce mardi, le ministre de la Santé François Braun a annoncé que la pilule du lendemain serait désormais gratuite pour toutes les femmes et disponible en pharmacie sans ordonnance.

La HAS interrogée sur la contraception masculine

Jusqu’alors, seules les mineures pouvaient accéder à la contraception d’urgence en pharmacie sans ordonnance, tandis que les femmes majeures de moins de 26 ans pouvaient obtenir une pilule du lendemain gratuitement sur ordonnance depuis le 1er janvier dernier. Pour les femmes plus âgées, la pilule du lendemain coûte entre trois et vingt-euros, partiellement pris en charge par la Sécurité Sociale si la contraception est prise sur ordonnance. « Le gouvernement agit concrètement pour que les femmes ne renoncent plus à la contraception d’urgence pour des raisons financières, premier motif de renoncement » a commenté Isabelle Rome, ministre de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Alors que la recherche pharmaceutique tâtonne depuis des décennies sur le développement d’une pilule contraceptive pour hommes, François Braun a également annoncé qu’il allait saisir la Haute Autorité de Santé (HAS) de la question de la contraception masculine et espère pouvoir ouvrir « plus largement » l’accès à ce type de contraception l’an prochain « en fonction des données scientifiques ». L’ancien urgentiste s’est par ailleurs dit favorable à l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution, comme le propose de nombreux députés.

Mieux lutter contre la hausse des IST chez les jeunes

L’autre grande annonce de cette interview du ministre concerne le dépistage des Infections sexuellement transmissibles (IST). « Je vous annonce donc que le dépistage des IST sera gratuit et sans ordonnance jusqu’à 26 ans, les jeunes étant la population la plus touchée par ces infections ». Jusqu’alors, seul le dépistage du VIH était gratuit sans prescription médicale. Une mesure qui entend répondre à une hausse des contaminations et un recul du dépistage ces dernières années : les infections à chlamydia auraient augmenté de 41 % chez les femmes de 15 à 24 ans et de 45 % chez les hommes de 15 à 29 ans entre 2017 et 2019, tandis que le nombre de tests a baissé de 30 % en 2020 (sans doute en partie en raison de la crise sanitaire).

« Il est très compliqué de connaitre la cause exacte de cette hausse. Est-ce un défaut de prévention ? D’information ? Ou un relâchement plus global sur cette question ô combien essentielle ? » s’interroge le ministre, qui souhaite également renforcer l’éducation sexuelle à l’école, alors qu’une récente étude menée par une association féministe a montré que seulement 13 % des cours prévus par la loi étaient effectivement dispensés.

La gratuité du dépistage des IST pour les jeunes s’inscrit dans une volonté plus générale du gouvernement de renforcer la prévention. Le ministre a ainsi récemment annoncé la mise en place de consultations gratuites de suivi pour tous les Français à 25, 45 et 65 ans. « A 25 ans, c’est justement le moment de faire le point sur la santé sexuelle » avance le ministre.

La gratuité de la pilule du lendemain et du dépistage des IST seront inscrits dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2023, qui sera présentés en Conseil des ministres lundi prochain.




Quentin Haroche

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