Les internes souhaitent une vraie réforme du troisième cycle des études pharmaceutiques

Paris, le lundi 23 novembre 2015 - A l’occasion de la première réunion vendredi dernier du bureau de la Commission nationale des études de maïeutique, médecine, odontologie et pharmacie (CNEMMOP), l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF) et la Fédération nationale des syndicats d’internes en pharmacie et biologie médicale (FNSIP-BM) demandent dans un communiqué commun « que le train de la réforme du troisième cycle des études pharmaceutiques ne reste pas à quai ! » Ils expriment la nécessité, devant l’évolution du métier de pharmacien, d’une refonte du troisième cycle des études pharmaceutiques, pas seulement du DES de biologie médicale comme il est prévu actuellement.

Constituant une simplification des structures en charge des questions de formation médicale, la CNEMMOP a été créée pour remplacer la Commission Nationale Pédagogique des Etudes de Santé et la Commission Nationale de l’Internat et du post internat. Sa mission, établie par le décret n° 2015-813 du 3 Juillet 2015, est d’instruire toutes les questions relatives aux études des filières médicales. Dans les suites de la mission confiée aux professeurs François Couraud et François-René Pruvot, qui ont rendu leurs dernières propositions cette année ( http://cache.media.education.gouv.fr/file/Formation_continue/80/9/RAPPORT_G3C2_080615v2_449809.pdf ), la CNEMMOP va examiner les aspects techniques et réglementaires de la réforme du troisième cycle des études de médecine, dont la mise en place doit débuter, selon les ministères, à la rentrée universitaire 2016.

12 recommandations

Pour établir ces « Propositions pour la formation initiale et la formation tout au long de la vie des spécialistes médicaux » de juin 2015, le groupe de travail a été élargi en comparaison à celui du rapport précédent, et les présidents des conférences des doyens d’odontologie et de pharmacie ainsi que les représentants des internes en odontologie et des internes en pharmacie l’ont notamment rejoint pour aborder l’examen des DES ouverts aux odontologistes (DES de chirurgie orale) et aux pharmaciens (DES de biologie médicale). La publication de ce rapport « a servi de clef de voûte aux réflexions que nous avons, depuis plusieurs mois déjà, concernant les études pharmaceutiques », indiquent les représentants des internes.

Parmi les recommandations du texte, les DES comprennent une phase socle en général de 1 an, une phase d’approfondissement de durée variable, et une phase de mise en situation de 2 à 4 semestres selon les spécialités. Il existe des options qualifiantes au sein des DES et ceux d’oncologie et de biologie médicale sont des DES à options précoces, choisies au cours de la première phase. D’autre part les « Formations spécialisées transversales » (FST) constituent des options complémentaires tardives partagées entre plusieurs DES. Le DES de biologie médicale dure 4 ans avec une phase socle de 18 mois et des options dont le principe a été retenu mais pas le contenu. Il a été proposé de créer des FST communes à ce DES et à certains DES de spécialités médicales. Il est aussi prévu d’actualiser régulièrement les maquettes des contenus des DES et des FST (à l’initiative des collèges universitaires) en ouvrant chaque année l’arrêté qui les fixe.

Une redéfinition nécessaire pour la pharmacie

Mais les internes en pharmacie insistent aujourd’hui sur le fait « que la réforme du troisième cycle des études pharmaceutiques ne doit pas concerner la seule biologie médicale, discipline mixte médicale et pharmaceutique, mais toutes les spécialités pharmaceutiques ». Ils justifient leur demande par les évolutions des missions du pharmacien, « qu’il exerce en établissement de santé, en laboratoire de biologie médicale, en laboratoire de recherche, en officine, dans l’industrie ou encore dans les agences de santé », qui rendent nécessaire de redéfinir les impératifs de leur formation. « Dans ce contexte, il serait illogique et incompréhensible que le troisième cycle des études pharmaceutiques ne rentre pas dans le même processus de refonte que le troisième cycle des études médicale », poursuivent les syndicats qui se déclarent « prêts à s’accrocher au train de la réforme du troisième cycle des études médicales qui redémarre ». Ils souhaitent être entendus dès maintenant ce qui permettrait « de s’affranchir de la création d’un nouveau groupe de travail a posteriori, avec toutes les conséquences qui en découlent en termes de temps et de finances ».

Dominique Monnier

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