Les pharmaciens d’officine gagnent-ils vraiment si bien leur vie ?

Paris, le mardi 29 novembre 2017 – Dans l’imaginaire collectif (et des professionnels de santé), les pharmaciens d’officine sont souvent considérés comme parmi les mieux lotis en matière de revenus.
Une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) permet de mieux cerner la réalité de leur rémunération. On s’aperçoit notamment que les pharmaciens titulaires ne gagnent pas tellement plus que la moyenne des entrepreneurs, et que les pharmaciens adjoints pas davantage que des cadres supérieurs.

10 000 ou 5 000 euros par mois ?

A première vue, les pharmaciens propriétaires de leur pharmacie ont de quoi se réjouir, a priori seulement.

En 2014, les revenus annuels moyens des pharmaciens titulaires non salariés atteignent 121 400 euros pour les entrepreneurs individuels (29 % contre 42 % en 2009), 116 800 euros pour les gérants de société soumis à l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) et 59 400 euros pour ceux soumis à l’impôt sur les sociétés (IS) (46 % des pharmacies).

Ces écarts importants entre titulaires s’expliquent par des différences de règles comptables, liées au régime fiscal choisi pour la pharmacie.

« Dans le cadre de l’imposition sur le revenu, la rémunération du titulaire est constituée de l’intégralité du bénéfice de la pharmacie. Elle finance donc l’emprunt éventuellement contracté pour lancer l’activité de l’officine, notamment pour l’achat de la pharmacie. En revanche, lorsque l’officine est soumise à l’impôt sur les sociétés, la rémunération du pharmacien et le bénéfice de l’officine sont disjoints. Ce bénéfice peut être mis en réserve, par exemple pour rembourser un éventuel emprunt, ou distribué sous forme de dividendes » soulignent les auteurs.

Bien entendu, ces revenus varient également selon le chiffre d’affaires de la pharmacie, son emplacement (les pharmaciens des petites villes sont « favorisés »), la présence d’éventuels co-titulaires…Mais au total, les revenus du pharmacien d’officine titulaire sont plutôt de l’ordre de 5000 euros mensuels et sont finalement proches de la moyenne des chefs d’entreprise (environ 50 000 euros/an)

Les pharmaciens adjoints d’officine, eux, touchent un salaire net moyen annuel de 35 070 euros…soit un tiers de moins que celui d’un cadre supérieur pour 6 ans et plus d’études après le baccalauréat !

Des revenus en légère augmentation, une valeur ajoutée stagnante

Selon les calculs de la DREES, après une année 2009 marquée par la crise, les revenus des titulaires d’officine augmentent fortement en 2010 et, dans une moindre mesure, en 2011, quel que soit le régime fiscal. À partir de 2012, les évolutions sont contrastées selon le régime d’imposition de l’officine. En 2012, les revenus des titulaires diminuent ou restent stables pour les officines soumises à l’IRPP, mais continuent leur progression pour les officines soumises à l’IS. En 2014, enfin,  les revenus restent quasiment stables.

Concernant la valeur ajoutée, entre 2009 et 2014, elle a progressé de 1,7 % en valeur en rythme annualisé pour les officines exploitées en entreprise individuelle, de 1,9 % pour les sociétés soumises à l’IRPP et de 2,8 % pour les sociétés soumises à l’IS. Toutefois, ces évolutions moyennes favorables cachent une grande disparité : la valeur ajoutée diminue pour 36 % des pharmacies toutes catégories confondues et même pour 41 % des entreprises individuelles !

Frédéric Haroche

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