Le quatrième scénario de l’apocalypse

Paris, le vendredi 5 juin 2020 – Le conseil scientifique a rendu ce jeudi son septième avis sur la gestion de l’épidémie de coronavirus, dans lequel il envisage les quatre scénarios possibles de l’évolution de la situation.

Les temps épidémiques sont des temps d’inconnu. Chaque jour, les Français ignorent quelle sera la situation épidémique de demain, à quels risques ils feront face, quelle attitude devront-ils adopter et quels seront leurs droits. Pour éviter de devoir naviguer à vue face à cet ennemi invisible, le gouvernement doit se préparer à toutes les éventualités, y compris les plus difficiles. Dans cette optique, le conseil scientifique, qui épaule les autorités depuis le début de la crise sanitaire, a, dans son avis publié ce jeudi, listé les quatre scénarios possibles de l’évolution de l’épidémie, alors que la France entame la phase 2 du déconfinement.

Dans son avis, le conseil scientifique ne se prononce pas sur les chances de survenue de ces différents scénarios. Pour le moment, selon lui, ni les données médicales et épidémiologiques, ni l’observation de la situation à l’étranger ne permettent d’exclure ou de confirmer le risque d’une deuxième vague épidémique. Les scénarios ont été établis dans le but de déterminer les mesures à prendre dans chaque situation, avec un objectif clair : éviter à tout prix un nouveau confinement généralisé, qui serait particulièrement néfaste pour la vie sociale et économique du pays.

La situation actuelle est celle d’une épidémie sous contrôle

Le premier scénario, le plus favorable, est celui d’une épidémie sous contrôle et en voie de disparition : c’est, selon le Professeur Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, la situation que connait actuellement notre pays. Ce scénario optimiste se manifeste par un nombre de cluster limités et contrôlés et une diminution du nombre de nouvelles contaminations. Le conseil précise cependant qu’une telle situation ne doit pas entrainer un relâchement de la vigilance : les gestes barrières doivent continuer à être respectés pendant au moins six mois après le début du déconfinement tandis que les autorités devront poursuivre la stratégie de dépistage massif et d’isolement des malades.

Les scénarios 2 et 3 sont des situations intermédiaires où, sans réatteindre le pic des mois de mars et avril, l’épidémie redevient en partie incontrôlable. Le scénario 2 se caractérise ainsi par l’apparition de clusters « critiques » c’est-à-dire de foyer infectieux important et difficilement contrôlables et le scénario 3 par la généralisation de ces clusters à travers tout le territoire avec un passage du R0 au-dessus de 1. Dans cette situation, le conseil scientifique insiste sur le fait que les autorités sanitaires devront se montrer particulièrement vigilantes en renforçant notamment la politique de dépistage pour pouvoir suivre efficacement l’évolution de l’épidémie et prendre les décisions qui s’imposent. Dans ces scénarios intermédiaires, des confinements régionaux ne sont pas à exclure.

Se préparer au pire

Enfin, les membres du conseil évoquent le scénario du pire, celui où l’épidémie atteint un « stade critique ». La France connaitra alors à nouveau les journées difficiles de mars et avril, avec des hôpitaux surchargés et une hausse relativement importante de la mortalité. Le gouvernement devra alors faire un choix difficile : soit mettre en place un nouveau confinement, avec toutes les conséquences sociales et économiques délétères que cela implique, soit « assumer tout en limitant » une surmortalité importante. « Ce scénario 4 doit absolument être évité mais il ne peut être éliminé » conclut le conseil. 

En parallèle de ces scénarios, le conseil scientifique a élaboré un « plan de prévention et de protection rapprochées », le P2R-Covid, qui comprend sept batteries de mesures, tels que le renforcement du dépistage ou un plan de protection spécifique des Ephad, qui pourront être mises en action si la France atteint le scénario 3 ou 4. Quelques soit le scénario, les membres du conseil insistent sur un point essentiel : le gouvernement doit associer les populations à la prise de décision et faire preuve de pédagogie. Ce n’est que si les mesures de lutte contre l’épidémie sont acceptées et comprises par tous qu’elles seront appliquées efficacement.

Le communiqué du Conseil scientifique : http://www.datapressepremium.com/rmintranet/...

QH

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Hollywoodien

    Le 06 juin 2020

    Etant donné la haute valeur des productions du ComScient, la précision de ses prévisions, le courage de ses décisions, on ne peut qu'attendre, haletants, leur suite.

    Quelle belle série, déjà sur Netflix, dans doute, je l'y chercherai, entre Vikings et The Crown.
    Alors on y croit, et dur comme fer, la confiance, ça ne se partage pas !
    A moins que, comme trop souvent la météo, l'illustre Comité ne précise que ce qui se passe actuellement, comme le temps qu'il fait, et à ce moment là rejoindra l'observation de la réalité chère au Pr Raoult.

    Dr Gilles Bouquerel

Réagir à cet article