L’Europe se prépare à une hausse de la mortalité

Genève, le mercredi 16 septembre 2020  – Après que l’OMS a annoncé s’attendre à une hausse de la mortalité liée au coronavirus en automne, chaque pays se prépare différemment à affronter la seconde vague.

L’Europe est-elle touchée par une seconde vague épidémique ? La question (qui semble sémantique à certains) divise les épidémiologistes depuis plusieurs mois. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a choisi son camp : oui, le Vieux continent connait belle et bien un regain de l’épidémie qui va se traduire en octobre et novembre par une hausse de la mortalité. Hans Kluge, directeur de la branche européenne de l’OMS, a affirmé ce lundi que les Européens devaient se préparer à un « automne plus dur et à une mortalité plus élevée » tout en affirmant, dans un message faussement rassurant, que « l’épidémie allait s’arrêter à un moment ou un autre » (ce dont personne ne doutait).

La règle des six fait débat au Royaume-Uni

En attendant donc cet automne difficile et surtout cette fin de l’épidémie, chaque pays européen se prépare, de manière plus ou moins drastique. Le Royaume Uni connait une résurgence de l’épidémie depuis quelques semaines, avec entre 3 000 et 3 500 nouvelles contaminations par jour (contre environ 1 000 en août mais moins qu'en France ou en Espagne) et ne déplore qu’entre 10 et 20 morts quotidiennement. Depuis ce lundi, les Anglais vivent sous la règle des six : il est interdit, sous peine d’amende, de se rassembler à plus de six personnes, que ce soit en public ou en privé, sauf dans les écoles et les entreprises. La ville de Birmingham, où le taux de contamination a été multiplié par deux en quelques jours, a mis en place une règle encore plus dure, puisque les habitants ont désormais l’interdiction de rencontrer des personnes extérieures à leur foyer, y compris des membres de leur famille.

Le ministre de la police, Kit Malthouse, a créé la polémique en enjoignant les Britanniques de dénoncer les voisins qui ne respecteraient pas ces nouvelles mesures "sanitaires" et en félicitant ceux qui avaient dénoncé les personnes ne respectant pas le confinement. Plusieurs personnalités politiques ont critiqué ces déclarations, qualifiées d’appels à la délation. Lord Jonathan Sumption, membre de la Cour Suprême du Royaume-Uni, a expliqué que cette règle était selon lui « inapplicable, arbitraire et inutile ».

Le miracle allemand perdure

Si la deuxième vague est déjà une réalité dans certains pays, notamment en Espagne, en France et donc au Royaume-Uni, elle épargne pour l’instant l’Allemagne. Déjà l’un des pays qui a le mieux résisté à la première vague (seulement 9 400 morts pour une population supérieure à la France), nos voisins d’outre-Rhin ne connaissent pour l’instant qu’une timide remontée du nombre de contaminations, avec environ 1 500 nouveaux cas par jour. Souhaitant sans doute flatter l’égo de ses administrés, le ministre de la santé Jens Spahn a attribué ces bons résultats à la fameuse discipline allemande : « la situation de notre pays a beaucoup à voir avec le respect des gestes barrières » a-t-il affirmé.

Mais outre l’attitude des citoyens allemands, c’est une meilleure gestion globale de l’épidémie qui semble être la clé de cette réussite. Dans tous les domaines, les Allemands semblent s’y prendre mieux que les Français : ils réalisent autant de tests mais parviennent à obtenir les résultats en 24 heures (contre plusieurs jours d’attente en France), tracent mieux les contacts, isolent mieux les malades etc. L’application allemande de traçage des contacts a ainsi été téléchargé par 18 millions de personnes contre seulement 2,3 millions pour StopCovid en France.

Pas de masque mais de l’humour en Grèce

Terminons ce tour d’horizon par une note humoristique. En Grèce, où, comme dans de nombreux pays européens, le port du masque est obligatoire à l’école, le gouvernement a eu la bonne (et généreuse) idée de distribuer des millions de masques aux élèves. Sauf qu’une erreur de taille s’est apparemment glissée dans la commande et les écoliers se retrouvent avec des masques beaucoup trop grands qui couvrent l’intégralité du visage ! Le gouvernement s’est immédiatement excusé, tandis que les jeunes grecs s’en sont amusés, postant sur les réseaux sociaux des photos d’eux portant ces masques surdimensionnés et multipliant les plaisanteries. « Ces masques sont très jolis, mais ils ont oublié de faire des trous pour les yeux » résume un internaute.

QH

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Traçage en Allemagne

    Le 17 septembre 2020

    J'étais en Allemagne début août à Offenbach, Francfort sur le Main, Mayence, et j'ai fait la route du Rhin romantique en partant de Mayence jusqu'à Boppard et retour par l'autre rive avec une amie allemande et je peux vous dire que dans toutes ces villes (ainsi que petits villages) dans lesquels nous nous sommes arrêtées , partout dans les cafés, restaurants même en terrasse, il est fourni une feuille sur laquelle il faut inscrire son nom, adresse et numéro de téléphone; il n'y a pas que le traçage par téléphone et j'ai trouvé que c'était très bien ; dommage que la France n'ait pas eu cette idée, peut-être que beaucoup de personnes y auraient adhéré plus volontiers que le traçage par mobile (qui a coûté une fortune à l'état pour un piteux résultat). Les Allemands ont " joué " le jeu et cela a permis de contacter les personnes en cas de covid connu dans les établissements.

    Martine Brunel, infirmière libérale à Montpellier

Réagir à cet article