Leurrer le cerveau pour pouvoir le rééduquer après un AVC

Saint-Etienne, le vendredi 3 août 2018 - Nom de code : IVS3 pour « Intensive visual simulation ». Ce dispositif développé par la start-up lyonnaise Dessintey et qui s’adresse aux victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC), de douleurs chroniques (algodystrophie) ou de douleurs consécutives à une amputation promet d’améliorer la phase de rééducation grâce à une technologie génératrice d’illusions visuelles. Fondé sur le principe de la « thérapie miroir » et fonctionnant grâce à un logiciel, une caméra et un système d’écrans, le système remplace virtuellement l’image du membre malade par une représentation créée à partir du membre valide.

Objet de nombreuses publications scientifiques et inscrite en 2012 dans les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), la thérapie miroir est, de l’avis des concepteurs de Dessintey, restée sous-employée depuis que son efficacité a été démontrée dans les années 1990. La faute à une mise en pratique jusque-là trop complexe à développer. C’est précisément cet obstacle technologique que permet de lever l’algorithme qui pilote l’IVS3. L’objectif est alors de leurrer le cerveau et de lui donner l’impression, via une représentation virtuelle sur écran, que le membre atteint peut se mouvoir comme s’il était sain. L’illusion ainsi générée stimule la plasticité cérébrale et permet une reconstruction des circuits moteurs et sensoriels puisque regarder un mouvement sollicite sensiblement les mêmes aires du cerveau que lorsque l’on réalise ce mouvement.

Une rééducation plus intensive et personnalisée

Créé par le professeur Pascal Giraux, chef du service de rééducation adulte au CHU de Saint-Etienne, l’IVS3 permet un démarrage plus précoce de la rééducation et une augmentation quantitative et qualitative des exercices effectués. A partir d’une évaluation réalisée par le thérapeute, le logiciel analyse et reconnaît les mouvements les plus adaptés aux déficiences présentées par le patient parmi plus de 400 exercices spécifiquement conçus et enregistrés dans sa base de données. De plus, bien qu’il puisse travailler en parfaite autonomie plusieurs fois par jour, le patient n’éprouve aucune fatigue supplémentaire et peut suivre ses progrès grâce à un système de traçabilité des séances.

Fruit de 15 d’expérience clinique, l’IVS3 a été développé en collaboration avec trois centres de rééducation neurologique. Sa conception a nécessité la collaboration de développeurs logiciels et de bureaux d’étude spécialistes d’ergonomie, de design, de mécanique et d’optique. Il équipe depuis juin des centres de rééducation en Ile-de-France, à Bordeaux, Lyon, Angers, Saint-Nazaire et Saint-Etienne. Dessintey annonce en outre qu’il sera distribué en Europe dès l’année prochaine.

Benoît Thelliez

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