Lévothyrox : la bataille judicaire en passe d’être perdue par les plaignants ?

Toulouse, le vendredi 12 janvier 2018 - Ce jeudi, 23 plaignants demandaient en référé au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Toulouse que le laboratoire Merck France leur fournisse l’ancienne formule du Lévothyrox et une indemnité pour préjudice d’angoisse et d’anxiété. Ils ont été déboutés.

« Le TGI de Toulouse a considéré qu’aucune pénurie en Euthyrox n’est à déclarer depuis les réapprovisionnements de cette molécule sur le marché », explique Florent Bensadoun, directeur juridique de Merck. De plus le TGI de Toulouse a confirmé « qu’aucun lien de cause à effet direct n’avait été prouvé à ce jour entre les symptômes évoqués et la nouvelle formule du Lévothyrox » comme le rapporte l’avocat des plaignants. 

Accompagner les patients…mais pas au tribunal !

Concernant la réintroduction temporaire de l’ancienne formule du Lévothyrox Thierry Hulot, président du groupe Merck France a précisé « la dernière livraison d’Euthyrox datée de décembre va suffire à alimenter les stocks jusqu’au mois de mars (…) sur les 200 000 boîtes livrées lors de cette commande, il en reste à ce jour 160 000 ».
Au total il estime « à 100 000 le nombre de personnes privilégiant encore la prise de l’ancienne formule (…) Aujourd’hui, 90 % des patients prennent la nouvelle formule, 7 % ont opté pour la formule d’un autre laboratoire. » A cet égard il propose que son laboratoire accompagne « chacune des personnes dans le choix d’une formule qui lui convient. L’objectif est d’accompagner le patient dans sa pathologie, pas devant le tribunal ».

Les laboratoires mènent 2 à 1

Cette procédure a été menée par des patients qui n'avaient pu se joindre à une première action à Toulouse le 14 novembre 2017, leurs dossiers n'étant pas prêts. La justice avait alors condamné le laboratoire à fournir « par le biais des circuits de distribution et de commercialisation, sans délai » l'ancienne formule aujourd'hui dénommée Euthyrox à 25 patients de la Haute-Garonne. Merck a d’ailleurs fait appel de cette décision qui est assortie d'une astreinte de 10 000 euros par jour et par infraction constatée.

Mais cette première victoire semble bien loin, ainsi, dés le 26 décembre 2017, le tribunal de Saint-Gaudens a rejeté les demandes d’une quarantaine de patients sur le même fondement que le TGI de Toulouse dans son jugement d’hier.
Rappelons néanmoins que d’autres procédures vont émailler l’actualité des semaines à venir et qu’un nouveau revirement n’est pas impossible !

F.H.

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Vos réactions (3)

  • La solution

    Le 14 janvier 2018

    Il suffisait de prendre le nouveau avec du lait...les juges seraient ils touchés par la raison et les medecins protégés des procès idiots?

    Dr Gilbert Isnard

  • Une consultation chez un psychiatre

    Le 14 janvier 2018

    Il faudrait offrir à tous les malades du Levothyrox une consultation gratuite chez un psychiatre ou psychologue au choix. Idem les graves malades du l'aluminium qui sont peut-être les mêmes...

    Dr Guy Roche, ancien interniste

  • EI connus depuis des années

    Le 17 janvier 2018

    Je suis stupéfié par le mépris et l'irrespect de certains médecins pour les patients ! Les EI graves causés par les changements de formulation de la thyroxine sont depuis des années dans toutes les publications !

    Dr Gérard Bapt

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