L’inquiétante explosion du nombre d’intoxications à la cocaïne en France

Paris, le lundi 14 août 2017 – Dans une note, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) alerte sur l’explosion du nombre d’intoxications à la cocaïne relevé en France par les centres d’addictovigilance.

Ainsi, selon les statistiques de ce réseau, le nombre des signalements d’intoxication à la cocaïne a doublé entre 2015 et 2016 et les données préliminaires pour 2017 confirment cette tendance…Néanmoins les chiffres exacts n’ont pas été communiqués, ces derniers étant « en cours d’analyse » comme l’a déclaré un porte-parole de cette institution à l’Agence France presse (AFP).

Cette augmentation serait liée à la pureté accrue de la cocaïne disponible dans notre pays. Des récents travaux de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) ont ainsi démontré que « le taux moyen de pureté des échantillons saisis dans la rue se situe à 51 % en 2016, soit une teneur en nette hausse depuis 2011 où la teneur moyenne était de 27 % ». L’OFDT craignait également dans le même rapport que « cette hausse pourrait continuer à favoriser la nouvelle accélération de la diffusion de cocaïne récemment observée ».

L’ANSM signale également « qu’une enquête nationale d’addictovigilance est en cours afin de mieux circonstancier les cas et l’évolution de la consommation de cocaïne en France », dont les résultats seront présentés prochainement. 

Les signes qui doivent alerter le professionnel de santé

L’ANSM évoque en outre, les signes généraux, complications cardiovasculaires, neurologiques et psychiatriques d’une intoxication à ce produit.


L’institution rappelle à ce titre aux professionnels de santé «  l’intérêt de réaliser une analyse toxicologique pour rechercher la présence de cocaïne devant un tel tableau ; de déclarer tout cas grave de pharmacodépendance et d’abus au CEIP-A* dont le professionnel de santé dépend ou sur le site signalement-sante.gouv.fr ; de se rapprocher du centre d’addictovigilance de leur secteur géographique  pour toute information complémentaire ».

Frédéric Haroche

Référence
*Centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance addictovigilance

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Vos réactions (4)

  • C'est tellement important !

    Le 15 août 2017

    Oui personne n'en parle et c'est dramatique...
    Surtout à Paris, il faut diffuser les effets secondaires.

    Dr Elisabeth Carbonnel

  • Insister sur la prévention

    Le 20 août 2017

    Sans doute. Mais si tous nos effort portent sur les conséquences pour les consommateurs de cocaïne, il me semble que plus d'efforts encore sont à donner dans la prévention.
    Comparons le bénéfice-risque et le coût. A l'heure de toutes les revendications de liberté, vraie et fausse, la responsabilité est légèrement oubliée. On en sauve combien, et ça coûte combien, dans les associations et centres réservés aux addictions ? Et nous sommes pauvres. Quand on est pauvre, on met tout dans l'éducation d'abord.

    Marie-France Hugot

  • Signalement complexe et chronophage

    Le 20 août 2017

    Le jour de parution de cet article, je reçois 2 cas aux urgences. 1 Cardio et 1 pour lésion post injection!
    Procédure de signalement par internet complexe chronophage et décourageante.

    Dr Rachid Chougar

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