Méningite B : messieurs les Anglais, vaccinez les premiers !

Londres, le jeudi 3 septembre 2015 – Ce 1er septembre, la Grande-Bretagne est devenue le premier pays à lancer un programme de vaccination systématique contre la méningite B : tous les nourrissons à partir de l’âge de deux mois sont concernés. Cette « étape décisive » selon le ministre de la Santé Jane Ellison repose sur l’utilisation du vaccin Bexsero, des laboratoires Novartis, qui permet de couvrir près de 90 % des souches de méningocoques B. Elle est le résultat d’une recommandation adoptée il y a déjà plus d’un an par le Joint Committee on Vaccination and Immunisation.

Une presse patriote et militante

Redoutable, la méningite B toucherait quelque 1 700 personnes en Grande-Bretagne chaque année (autour de 360 cas en France). Elle tue un malade sur dix et laisse des séquelles graves à un patient sur trois. Selon les estimations des autorités sanitaires britanniques, la vaccination systématique des nourrissons pourrait permettre de sauver 4 000 vies d’ici 2025. Cependant, les responsables de la santé publique insistent pour que soit rappelée aux familles que la protection conférée par le vaccin n’est pas totale et que la vigilance demeure indispensable.

Si la Grande-Bretagne n’est pas épargnée par la mobilisation des groupes anti vaccin et si le lancement de cette campagne a inévitablement relancé leurs ardeurs, dans les médias, le discours se concentre principalement sur la fierté de cette première mondiale. Par ailleurs, de nombreux journaux nationaux et locaux ont dressé le portrait de familles endeuillées par la méningite B, qui sont devenues autant de porte-parole en faveur de la vaccination.

La France attend les résultats anglais

En France, la vaccination contre la méningite B est recommandée chez les patients splénectomisés ou souffrant d’un dysfonctionnement de la rate, ceux ayant reçu une greffe de cellules souches hématopoïétiques et les sujets atteints de déficits immunitaires innés ou acquis.  Ces patients bénéficient d’une prise en charge du vaccin à hauteur de 65 %. Pour le reste de la population, le vaccin n’est pas spécifiquement recommandé et le coût du vaccin est totalement à la charge des familles : 88,43 euros la dose. Le refus pour l’heure de la France de s’inscrire à l’instar de la Grande-Bretagne dans un vaste programme de vaccination s’expliquerait par l’absence de recul sur le vaccin. Le docteur Marie-Aliette Dommergues, pédiatre au centre hospitalier de Versailles observe dans les colonnes de La Dépêche du midi : « Nous ne disposons pas de toutes les données sur la durée [de protection] (…). Les autorités françaises attendent les résultats des Anglais. Nous avons toutes les raisons de penser que ce vaccin va fonctionner ».

L’histoire se répète

Cet attentisme des autorités françaises si elle rassure certains, révoltent les associations de lutte contre la méningite, qui déplorent que la France se prive d’un outil aussi précieux. Cette déception est d’autant plus grande que notre pays n’en est pas à son premier retard en matière de protection contre la méningite. Il a ainsi fallu attendre 2009 pour que soit recommandée la vaccination systématique des nourrissons contre le méningocoque C quand une telle politique s’est imposée dès 2000 en Grande-Bretagne. Une audace britannique qui a été couronnée de succès comme en a témoigné la diminution du nombre de méningite C.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • De la folie furieuse....

    Le 07 septembre 2015

    Bexsero, ex-Novartis aujourd'hui GSK britannique, ceci expliquant cela, vu les conflits d'intérêts entres les autorités sanitaires, les politiques et Big Pharma. Et bien sûr toujours la peur pour inciter à vacciner! Je suis d'ailleurs étonné de la position du Dr Dommergues, aux liaisons étroites avec ces labos de vaccins, qui le 31 mars dernier lors d'un colloque qu'elle animait pour Novartis au Café de la Paix à Paris était plutôt pour sa prise en charge. Prendrait-on plus de précautions en terme de responsabilités vu les nombreux accidents consécutifs à notre calendrier vaccinal démentiel !
    L'Espagne l'a introduit dans ses recommandations vaccinales. Alors combien d'injections encore pour le NN, 2 inj après 6 mois de naissance, ou 3 avant 6 mois comme prévu par le fabricant. L'Italie qui vient de le recommander aussi en est à 3 inj à partir de 7 mois et une 4è si avant! Où va s'arrêter la démence?

    Serge Rader, pharmacien lanceur d'alerte.

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