Mettre le développement durable au cœur de la santé

Paris, le mercredi 26 avril 201 - L’agence de conseil et d'accompagnement en développement durable et santé, Primum non nocere, vient de publier un Livre vert pour une santé durable dans lequel elle propose une vingtaine d’actions stratégiques « pour mettre le développement durable au cœur du système de santé » avec l’objectif affiché de réduire les dépenses sanitaires, « tout en garantissant un système sûr aujourd’hui et pour les générations futures ». Considérant qu’il est actuellement « à bout de souffle et condamné à se détériorer », les auteurs proposent une réflexion qui soit à même de faire émerger un nouvel environnement sanitaire réglementé qui soit « meilleur, plus juste et durable ».

En se basant sur les 17 Objectifs de développement durable (ODD) définis par l’Organisation des Nations Unies (ONU) qu’ils ont déclinés pour le secteur sanitaire, social et médico-social français, le groupe de réflexion à l’origine de ce Livre vert privilégie une vision à long terme axée sur un changement de notre organisation, actuellement centrée sur la maladie, en « un véritable monde de la santé et de la prévention ». Une prévention jugée mal planifiée, financée et évaluée et qui engendre des « surcoûts colossaux », ainsi qu’un « gaspillage médical » qui s’inscrit dans la durée.

Pour un super ministère d’Etat de la Santé et de l’environnement

Alors que « tout notre système de santé repose sur le nombre de malades, le nombre d’actes et le numerus clausus, et non sur la bonne santé des populations », les auteurs appellent de leurs vœux un modèle économique basé sur cinq axes d’intervention et capable d’inverser cette tendance. Dans le premier d’entre eux, ils réclament un investissement massif dans la prévention et dans l’éducation à la prévention à tous les âges de la vie, ainsi qu’une réglementation coercitive immédiate visant la transparence des produits mis sur le marché, tant en ce qui concerne leur provenance que leur composition et leurs effets. Dans une même perspective, ils souhaitent que les professionnels de santé deviennent des experts en santé environnementale et que leurs différentes formations prennent en considération la notion d’exposome.

Sur le volet de la recherche et développement durable (R&DD) en santé considérée comme non structurée, les propositions avancées mettent l’accent sur les nouvelles technologies qu’il faut promouvoir dès à présent par la création d’une agence ad hoc, ainsi que sur la mutualisation et l’évaluation des pratiques qui aboutirait à une « médecine intégrative ». Le quatrième axe met en avant la promotion d’une nouvelle gouvernance qui s’incarnerait dans la création d’un super ministère de la Santé et de l’environnement doté d’un budget à la hauteur des enjeux actuels. Est également exposée la nécessité d’instaurer des mesures incitatives comme « l’éco-conditionnalité » des subventions et financements des établissements et des entreprises de santé labellisés.

Enfin, la mise en place d’une politique volontaire aux objectifs ambitieux à l’horizon 2050 devra, selon les propositions émises dans le Livre vert, conjuguer une série de grandes orientations écologiques qui intègrent la revalorisation des déchets, l’optimisation des dépenses énergétiques, l’amélioration de la qualité de l’air intérieur ou encore la dynamisation des liens entre biodiversité et santé par la création subventionnée d’espaces tels que des « jardins thérapeutiques », des « terrasses comestibles » ou autres « ruchers pédagogiques ». 

Benoît Thelliez

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