Omicron : une vague d’optimisme déferle sur le monde

Paris, le mercredi 12 janvier 2022 – De plus en plus de responsables scientifiques estiment que la vague Omicron pourrait contribuer à une forte immunité naturelle et diminuer la gravité de la pandémie voir y mettre fin.

Ainsi va l’actualité au temps de l’épidémie de Covid-19. Les annonces optimistes suivent les prédictions catastrophistes, le variant Omicron devenu majoritaire en Europe ces dernières semaines ne cessant d’alimenter les éternels débats entre « rassuristes » et « alarmistes ». Les premiers insistent sur sa moindre pathogénicité tandis que les seconds s’inquiètent de sa plus grande contagiosité. Ces derniers temps, ce sont plutôt les optimistes qui ont le vent en poupe. Nombreux sont désormais les scientifiques qui considèrent qu’Omicron peut être une chance, une porte de sortie de la crise qui transformerait la Covid-19 en une maladie endémique de faible gravité.

Ce mardi, c’est Anthony Fauci, principal conseiller scientifique de la Maison-Blanche depuis des décennies, qui s’est rangé du côté des « rassuristes ».

L’éminent immunologiste estime que les États-Unis sont au seuil d’une « période de transition », alors même que les contaminations y atteignent des records (plus de 800 000 par jour). « Nous allons avoir une situation où il y aura la combinaison entre une bonne immunité de fond et la possibilité de soigner une personne à risque » explique-t-il, évoquant par là les nouveaux traitements contre la Covid-19. « Nous ne sommes pas encore au point où nous pouvons dire que nous allons vivre avec le virus, mais je pense que nous y arriverons » a avancé prudemment le Dr Fauci durant une audience devant le Congrès.

L’Espagne ne veut plus entendre parler de pandémie

L’Agence Européenne des médicaments (EMA) va encore plus loin. Ce mardi, Marco Cavaleri, le responsable de la stratégie vaccinale au sein de cette institution européenne a estimé que grâce à Omicron, la pandémie allait prendre fin pour laisser place à une situation endémique. « Avec l’augmentation de l’immunité dans la population, nous avançons rapidement vers un scénario qui sera plus proche de l’endémicité ». « Personne ne sait exactement quand nous serons au bout du tunnel mais nous y arriverons » a-t-il conclu prudemment.

Un avis qui est partagé par le gouvernement espagnol. Dans une interview au quotidien El Pais de ce lundi, le chef du gouvernement Pedro Sanchez a jugé qu’après deux ans de pandémie, il était temps de « ne plus considérer le coronavirus comme une pandémie mais comme une maladie endémique, comme la grippe ». Il a ainsi annoncé que les autorités planchaient sur un nouveau système de surveillance épidémiologique et qu’il n’y aurait pas de politique de dépistage massif en cas de nouvelle vague. Une nouvelle approche de l’épidémie qui n’a pas empêché les autorités espagnoles de rétablir le port du masque obligatoire en extérieur.

Si même Olivier Véran est optimiste

L’optimisme ambiant est visiblement contagieux, puisque même Olivier Véran se met à croire qu’Omicron pourrait créer d’ici peu une immunité collective. Interrogé au micro de France Info ce matin, le ministre a souligné que « le taux d’immunité conféré par les contaminations et la vaccination est extrêmement élevé dans notre pays » estimant que ce sont en réalité entre 500 000 et 1 million de personnes qui sont contaminées chaque jour. Mais quand on lui demande si la vague actuelle est la dernière, le ministre sort une réponse de normand : « quand je dis peut-être la dernière vague, il faut préciser que si il y a un nouveau variant, ce ne sera peut-être pas la dernière ».

Certains semblent cependant immuniser contre cet optimisme. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui a multiplié ces dernières semaines les déclarations alarmistes sur la vague Omicron, a déclaré ce mardi qu’elle estimait que, au rythme actuel des contaminations, plus de la moitié des Européens (soit 370 million) seraient infectés d’ici début mars. « Le variant Omicron représente un nouveau raz-de-marée qui déferle sur la région » alerte Hans Kluge, directeur de la branche européenne de l’organisation onusienne. L’OMS estime que la stratégie de rappel vaccinal régulier adopté par les pays occidentaux « a peu de chances d’être viable » et appelle les fabricants de vaccins à développer un produit « ayant un impact élevé en matière de transmission ». Plus facile à dire qu’à faire.

Nicolas Barbet

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