Pas simple de supprimer un médicament inutile de l’ordonnance !

Paris, le jeudi 26 octobre 2017 – Dans sa revue Enquête & Résultats, la DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des statistiques) s’est intéressée à l’attitude des médecins généralistes face à un patient polymédiqué atteint de pathologies chroniques.

Les travaux mettent en évidence une situation paradoxale : si la très grande majorité des généralistes se « sentent à l’aise » avec l’idée de proposer de "déprescrire" les médicaments qu’ils jugent inappropriés, seuls 35 % d’entre eux déclarent le faire souvent ou très souvent.

Le généraliste se heurte en effet à différents obstacles pour faire arrêter un médicament à un patient.
En premier lieu, plusieurs études internationales ont montré que l’implication de différents spécialistes, se focalisant chacun sur la maladie qui les concerne et le manque de communication entre ces différents praticiens rendent difficile la "déprescription". Il est aussi pointé par les praticiens le manque de communication avec les pharmaciens : quand neuf médecins sur dix attendent de ces professionnels qu’ils les alertent en cas d’interaction médicamenteuse,  dans la pratique, 62 % des généralistes jugent insuffisante leur implication dans ce domaine. 

Les réticences des patients à arrêter certains de leurs traitements apparaissent aussi comme des causes fréquentes du maintien sur l’ordonnance de traitements inutiles, identifiées par différentes études colligées par la DREES.

Le travail insuffisant des institutions régulatrices n’est pas non plus oublié dans l’inventaire des entraves à la "déprescription". Un manque flagrant de recommandations en la matière est par exemple déploré.
Notons que dans certains pays, la mise en place d’infirmiers chargés spécifiquement de ces questions et le renforcement du travail multidisciplinaire, y compris en ville, ont permis d’améliorer la santé de ces patients présentant plusieurs pathologies chroniques. 

L’étude de la DREES : http://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/publications/etudes-et-resultats/article/polymedication-et-pathologies-chroniques-multiples-opinions-et-pratiques-des

F.H.

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Vos réactions (5)

  • Dialogue interprofessionnel ?

    Le 29 octobre 2017

    Je comprends l'attente des médecins vis à vis des pharmaciens qui ont une vision globale des thérapeutiques du patient. Cependant, lorsqu'un pharmacien appelle un médecin pour lui faire part, avec les formes appropriées, d'une interaction médicamenteuse ou d'un problème pharmacologique sur son ordonnance, celui-ci refuse 2 fois sur 3 la remise en cause de sa prescription et même la confirme ! Que peut faire le pharmacien dans une telle situation ?

    Je comprends l'attente des médecins vis à vis des pharmaciens qui ont une vision globale des thérapeutiques du patient. Cependant, lorsqu'un pharmacien appelle un médecin pour lui faire part, avec les formes appropriées, d'une interaction médicamenteuse ou d'un problème pharmacologique sur son ordonnance, celui-ci refuse 2 fois sur 3 la remise en cause de sa prescription et même la confirme ! Que peut faire le pharmacien dans une telle situation ?

    Christine Nicolas

  • Déprescription

    Le 30 octobre 2017

    Bien dit...malheureusement...
    sauf avec les jeunes médecins et quelques exceptions plus agées, nous pharmaciens avons l'impression de jouer non pas les garde-fous mais les enquiquineurs...

    Marie-Odile Marchal

  • Supprimer au bon moment

    Le 31 octobre 2017

    Quand il n'y a pas urgence, j'attends un "effet secondaire" réel ou pas en tout cas bienvenu pour retirer le médicament devenu inutile ...

    Dr Georges Teyssere

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