PLFSS et médicament : un milliard d’euros qui ne changeront pas le problème des ruptures de stock

Paris, le mercredi 22 septembre 2021 - Après le budget de l’Etat aujourd’hui, le gouvernement doit présenter la première mouture du PLFSS (Projet de loi de financement de la sécurité sociale) pour 2022 en fin de semaine.

Olivier Véran a déjà dévoilé un des éléments forts de ce nouveau budget : les dépenses des produits de santé, en premier lieu pour le médicament, vont augmenter "de l'ordre d'un milliard d'euros".

Toujours plus pour les médicaments innovants, toujours moins pour les molécules bon marché…

Une première depuis plusieurs années, alors que de PLFSS en PLFSS, les gouvernements successifs utilisaient le médicament comme variable d’ajustement.

Traduction dans le marbre de la loi du plan "Innovation Santé 2030" présenté fin juin par Emmanuel Macron, ce milliard devrait correspondre à la promesse du chef de l'Etat d’augmenter de 2,4% par an jusqu'en 2024 les dépenses remboursées par l'Assurance maladie.

Pour présenter ce coup de pouce conséquent, dans la matinée de lundi, le ministre de la Santé s’est rendu sur le site de production de thérapies géniques et cellulaires CellForCure (groupe Novartis), pour illustrer que "la France sait accueillir les entreprises qui développent des produits innovants", explique son entourage.

En effet, ce fameux milliard sera réparti entre crédits accordés aux laboratoires qui investissent dans la production ou la recherche en France et dans l'Union européenne, dispositif visant à "accélérer la mise sur le marché des médicaments innovants" et à garantir leur "prise en charge à 100% à l'hôpital"  y compris en cas d'amélioration "modérée" ou "mineure" et le développement de biothérapies. 

Si ce milliard paraît indispensable au développement de nouvelles thérapies en France, il est en partie un trompe l’œil. Ainsi, comme le dénoncent les syndicats d’officine depuis des années, des économies devraient parallèlement être réalisés sur les médicaments "anciens" (en réalité le plus souvent des molécules mises sur le marché il y a 15 ou 20 ans), favorisant encore les pénuries et les ruptures de stock.

Le Gouvernement prévoit ainsi également de freiner la "croissance tendancielle très dynamique" des dépenses de produits de santé. Si l'ampleur des économies visées n'est pas encore connue, l'Assurance maladie a proposé en juin d'en réaliser pour près de 500 millions d'euros…


G.P.

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